Sa majesté Minor

Sa majesté Minor
Titre:Samajesté Minor
Réalisateur:Jean-Jacques Annaud
Acteurs:José Garcia, Vincent Cassel, Sergio Peris-Mencheta...
Sortie:2007
Durée:1h40
Genre:Bestaire bestial
Note:09/20

Histoire:Minor est un homme-cochon. Arrivé sur une île étrangement idyllique sur un bateau avec sa mère morte, il s'est fait faire esclave par un peuple débauché et hédoniste depuis qu'il a mordu le sein de sa mère adoptive. Il dort depuis avec les cochons, passe son temps avec "sa truie" même s'il aime à aller contempler les formes de la belle Clytia, courtisé pourtant par Karkos. Un jour qu'il observe les deux amoureux en s'astiquant le manche, il tombe de son perchoir et se fracasse la tête contre une pierre, mourrant instantanément. Les habitants le laissent sur un tas de fumier mais au matin il n'est plus là. Il s'est reveillé et il est devenu un homme sensé et même des plus intelligent sans perdre pour autant sa libido débordante. Par des oracles favorable, il va même devenir roi du petit peuple et conseillé par le satire Pan en échange de quelques ébats bestials, il va lancer les habitants dans de grands travaux alors qu'il se rapproche de Clytia séduite par l'intelligence de Minor.

Avis:A chaque nouveau film de Jean-Jacques Annaud, on s'attend à être surpris. Depuis des années, le réalisateur français s'est imposé non seulement comme l'un des plus vieux piliers du cinéma hexagonal mais aussi comme le plus varié et culotté de nos réalisateurs du terroir. Bien sûr, il ne réussit pas à chaque coup mais sa variété est pour le moins admirable. D'Au nom de la rose, à L'ours, en passant par Stalingrad, Sept ans au Tibet et Deux frères, Annaud est un inclassable touche à tout passionant et intriguant. Son dernier opus, aventure féerique et tigrée nous avait laissé un coup agréable dans la bouche. Autant dire que sur le papier, sa comédie préhistorique en ammenait un bien moins doux. Mais dans une bande-annonce tout de même, le réalisateur avait réussit à nous faire croire en ce projet indéfinissable qu'était Sa majesté Minor. Mais les apparences étant bien évidement souvent trompeuse, on se retrouve là avec un OVNI certes mais des plus informes et indigestes.

Autant dire tout de suite que ce qui pouvait paraitre le plus agaçant à savoir le côté salace du film n'est pas son principal défaut et qu'il est au contraire son plus grand atout. Il faut bien avouer que la France est devenue depuis des années un pays bien prude voire frigide et que son cinéma se répugne bien souvent à parler, à rire ou même à montrer du sexe. Et de ce point de vue là, Annaud met des coups dans la fourmilière en signant un pamphlet libidineusement osé et pourtant grand public. Il ne le cache d'ailleurs pas dans sa bande-annonce. Sa majesté Minor est un film trash et très gay-friendly qui s'assume et qui pourtant n'a pas été relégué à une sortie confidentielle pour autant. Grand-mère et adolescents se sont précipités (avec modération tout de même) sur ce "block-buster" déluré avec la plus grande avidité sans pour autant en resortir choqué. Le vécu prouve même que les grand-mères ont même été séduite par les "coquasseries olé-olé" de José Garcia et de sa bande. Jean-Jacques Annaud réussit donc à faire passer la pilule et à créer des situations grandioses et délurées qui nourissent le film d'une authenticité rare. Ainsi, une sodomie bien sentie, une érection en ombre chinoise, une histoire de cul ratée entre un éphèbe spécialiste en lançage de disque et un roi indéci qui se termine par une giclette de sang qu'on croirait faite de sperme. En sous-entendu ou de façon très frontale, Annaud aborde donc les relations sexuelles dans toute leur variété: homo ou non, zoophile ou non. Dans un délir avec beaucoup de queues mais peu de tête, Sa majesté Minor repousse les limites de la descence et de ce point de vue épouse un peu les pas d'un Aristophane. Avec leurs superbes manches en bois viriles, les hommes du village pourraient être ceux de Lysistrata qui l'ont dure parce que leurs femmes font la grève du sexe. Içi l'abstinence n'existe pas et est même punie par les lois mais le but est finalement le même: faire du sexe une certaine satire sociale.

Mais cette satire sociale, elle se retrouve grandement chez Aristophane mais malheureusement que très peu chez Annaud. Ce qui manque au final au réalisateur français, c'est bien évidement un fond valable, un but à toute cette débauche jouissive. Car la dérision débile assumée ne réussit pas à nous faire tenir les 1h40 avec interêt. On sourit, on pense parfois à l'astuce bien sentie d'Annaud mais au-delà de ça, le vide intersidéral nous laisse sur notre faim. Il aurait suffit de pas grand chose pourtant. On ne demandait pas au réalisateur un brulôt social ou une étude approfondie des moeurs mais un semblant de sens, d'interête n'aurait pas fait défaut. On aurait pu se retrouver avec un "Le dictateur" c'est à dire aussi profond que drôle et extravagant, on reste finalement avec un "Taxi n+1" aussi plat que vite oublié. Les jalousies, les complots politiques, les ambitions et la moquerie douce-amère du pouvoir et de ses abus souvent pratiqués sont réduits à néant par une suractivité qui devient au fil des séquences détestables mais aussi par une niaiserie qui apparait du grossier. Autant on aime tout ce qui est en dessous de la ceinture dans Sa majesté Minor, autant les allez-retours amoureux entre Clytia Karkos et Minor sont detestablement nuls, à l'image de cette femme au masque d'or qui est en fait Clytia déguisée, rebondissement qui se sent dès sa première apparition. A chaque fois que Annaud tente de créer un semblant de scénario sur ses scènes d'ébats réussies, il échoue à créer une vraie intrigue. Il faut dire aussi qu'il ne se facilite pas les choses en créeant une mise en scène extraordinaire. Le baroque mêlé au kitsh des décors et des costumes font effets agréables sur un extrait de cinq minutes mais sur la durée du film, il exaspère plus qu'autre chose. Seule la foret de Pan reste agréable à regarder mais pour tout le reste Annaud en met trop. D'autant plus qu'il contraste avec des scènes nocturnes choquantes car complètement décalées par rapport au reste. La mise en scène si léchée se transforme en horrible caméra DV insupportablement documentaire dès la nuit tombée. Annaud fout en l'air toute cohérence dans sa manière de filmer ce qui ne constitue évidement pas un terreau fertil pour la réussite du film.

On voguera dès lors de scènes de cul en scène de cul avec toujours ce plaisir non-dissimulé mais tellement éphèmère qu'il nous frustre plus qu'autre chose. Pour le reste, c'est un néant infame et gloque qui nous fait perdre quelque peu foi en Annaud. En José Garcia aussi puisque loin de sa période si drôle, ses égarements dans le film sombres semblent l'avoir transfiguré et il a bien du mal à revenir à un comique efficace qui nous avait fait l'aimer profondement. Vincent Cassel en revanche, d'habitude si agaçant séduit par fraicheur et sa totale implication dans l'univers du film. Pour les autres (Claude Brasseur...) c'est minimum syndical et on s'en va. A l'image du film.

# Posté le samedi 13 octobre 2007 05:29

Modifié le samedi 13 octobre 2007 06:26

Nos enfants chéris - Saison 1

Nos enfants chéris - Saison 1
Titre:Nos enfants chéris - Saison 1
Réalisateur:Benoît Cohen
Acteurs:Romane Bohringer, Matthieu Demy...
1ère diffusion:2007
Durée:12X25 min
Genre:Dans les vieux pots ne se font pas les meilleures confitures
Note:10/20

Histoire:Trois ans après s'être enfui de vacances entre amis plaquants leurs compagnons et enfants respectifs, Martin et Constance reviennent dans la maison familiale lieu du drame avec leur enfants et un dernier en route depuis huit mois. Ils pensent passer le dernier mois avant l'accouchement peinards au calme au milieu du massif central mais c'était sans compter sur la lourdeur de leurs amis. En quelques jours, ils se retrouvent avec Arnaud, ex de Constance, et avec Claire, copine depressive de Martin flanquée d'un prof de sport débile et de leurs deux enfants. La maison se transforme alors en champ de bataille ouverte avec d'anciens comptes laissés sur le feu. Sans compter que Hélène, soeur de Martin qui devait s'occuper des enfants pour leur permettre de souffler traine à venir. Dans tout ça, Ariane, ex de Martin revencharde cherche aussi tous les moyens pour faire souffrir le couple en se servant du dépressif Jean-Marc.

Avis:De Nos enfants chéris, on attendais beaucoup. Parce que avant tout on avait adoré le film. parce qu'il sentait bon les vacances, les amis, le bien-être et le drame à la fois. Parce qu'on avait beaucoup rit et de bon coeur devant ces personnes qui se détestent et pourtant qui se supportent et puis qui finalement qui ne se detestent pas tant que ça finalement. Et puis aussi parce qu'il y avait Julien Boisselier et que bien souvent cela suffit à faire un bon film (oui bon soit on a eut On va s'aimer mais bon...). Premier coup dur pour la série, Boisselier n'est plus là. On se console alors difficilement et on laisse tout de même la chance à cette série. Parce qu'avant tout elle relève d'une bonne intention. Devant l'hégémonie écrasante de la série américaine sur nos petits écrans, Canal + a eut l'idée de promouvoir la série de terroir dans ses grilles. Après nous avoir ammené Engrenages et Reporters, on se disait alors que Canal + avait un don pour détecter les talents hexagonaux et Benoît Cohen semblait en être un exemple parfait. Qu'à cela ne tienne bien sûr, tous les Mardi soir le rendez-vous était pris. Après quatre semaines à s'accrocher, on est bien obligé de se rendre à la réalité: la plume de Cohen s'est engouffré dans une mauvaise pente et le prolongement de son éclat de génie est un soufflé aussi creux que plan-plan. Non pas que cela soit irregardable ou révoltant ou endormant, mais simplement moyen, sans éclat, sans interêt.

Globalement, le défaut le plus prononcé chez les fabriquants de séries français c'est l'absence total de rythme. Là où les américains trouvent des dizaines et des dizaines d'idées à la minute allant jusqu'à faire mourir leur héros, les mettant dans des situations invraisemblablements drôles ou déchirantes, les séries françaises trouvent un filon scénaristique et l'exploite ainsi pendant des épisodes et des épisodes. De ce point de vue, Nos enfants chéris est l'illustration parfait de la série française. Ainsi, on apprend dès le premier épisode que Hélène, la soeur de Martin est embarqué dans une histoire de cul totalement adictive et que partir pour la Corrèze la désenchante au plus haut point. Soit. Le problème est qu'à partir de là, sur cinq épisodes, Martin va harceler la jeune droguée pour qu'elle vienne à tout prix et il va lui falloir cinq longs épisodes pour qu'elle rammène ses miches et son Chidra à la maison familial. Et ce n'est qu'un exemple parmis tant d'autre. Il va falloir aussi six épisodes avant que le personnage d'Ariane évolue un minimum et sorte de sa connerie revencharde ultra-stéréotypé et qui met toute la série dans l'impasse. L'impasse semble être le maitre mot de la série. Des tas de bonnes idées mettent en fait l'histoire dans un bordel monstrueux, relativement monocorde et qui a du mal à évoluer sans tout casser pour reconstruire ensuite. Nos enfants chéris ne se trouve aucune trame, aucune idée directrice. Là où d'habitude une lien ténue nous emmène jusqu'à la dernière seconde du dernier épisode, Nos enfants chéris arrive avec la mauvaise habitude d'un film choral français: la foutoir. Et ce qui marchait sur une heure et demi foire totalement sur toute une saison. S'en suit donc une chose sans vie, diforme et inodore, sans saveur. La progression est laborieuse et la moindre chose s'étend à l'infini, donnant lieu à des scènes identiques à dix minutes d'intervalles parfois avec une incohérence frappante.

A part cela, c'est mamour et compagnie où tout le monde couche avec tout le monde bien évidement, dans la droite tradition de la série américaine. Les couples se forment et se déforment et s'engueulent. Les coups d'un soir, les flirts sous alcool... A part les belles maisons on se croirait dans Desperate housewives, a part les immeubles new-yorkais on se croirait dans Sex and the city... en bien moins bien. Parce que même là dedans, ça traine, ça n'évolue pas. Les personnages mettent la moitié d'une saison à se draguer et à se trouver, les préférences sexuelles mettent des épisodes à se révéler au grand jour. Le ton monte, les personnages s'embalent avec un tact bien maladroit et Benoît Cohen n'est clairement plus du tout dans son élément. Que ce soit dans Nos enfants chéris (le film) ou dans Qui m'aime me suive, il jouait et excellait dans un domaine de la comédie romantique mais avant tout comique et sociale. Là, il se force à faire dans la farce de boulevard à la "ciel mon mari" et autre rendez vous galants et se perd dans des rebondissements laborieux. Alors bien sûr il y a des répliques mythiques, des personnages très hauts en couleurs (la nounou diaboliquement paysanne, la boulangère...) mais cela ne suffit pas à faire tenir la route à l'ensemble qui piétine dans la choucroute. L'impression restera cependant bonne car les trois derniers épisodes semblent avoir voulu se bouger le cul et le dénouement est relativement bien trouvé.

Mais tout cela ne suffira pas à faire oublier les piètres performances d'acteurs. Le couple central, Matthieu Demy et Romane Bohringer entre autre font rougir de honte. Ils sont cabotins, mal à l'aise et on les a connu tellement bons qu'ils sont horrifiants. Mathias Mlekuz et Eleonore Pourriat en revanche relèvent quelque peu le niveau. Ces deux acteurs français malheureusement très sous-exploités, et ce particulièrement pour Pourriat, mènent la danse avec un rythme convenable, ainsi que Céline Menville jeune inconnue au bataillon qui arrive à faire de son rôle ultra stéréotypé un second rôle déléctable. Tout cela nous fait donc une équation bien peu équilibrée pour une série moyenne voire médiocre en tout cas insuffisante aux vues des capacités de Benoît Cohen. On attendra alors plutôt son nouveau film.
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# Posté le samedi 13 octobre 2007 12:05

Modifié le samedi 13 octobre 2007 13:25

Secrets et mensonges

Secrets et mensonges
Titre:Secrets et mensonges
Réalisateur:Mike Leigh
Acteurs:Brenda Blethyn, Marianne Jean-Baptiste, Timothy Spall...
Sortie:1996
Durée:2h20
Genre:Famille
Note:19/20

Histoire:Hortense a 27 ans. Née adoptée dans une famille unie d'origine africaine, elle est aujourd'hui une ophtalmologiste épanouie et qui a réussie. A la mort de sa mère, restant entre ses deux frères qui se battent pour l'héritage, elle décide de partir à la recherche de sa mère adoptive. Par un organisme, elle retrouve la trace de Cynthia Rose Purley, une vieille femme pauvre qui vit entre ses souvenirs, sa solitude et sa fille détestable Roxanne. Son frère qu'elle aime tant lui est enlevé par sa femme bourgeoise et qui déteste Cynthia. Cette famille nouée par d'horrible secrets et haines va être transformée par l'arrivée de la jeune fille.

Avis:Il y a, et c'est aujourd'hui de notoriété publique, deux genres de palmes d'or. D'une part celles qui méritent leur statut et de l'autres celles dont la réputation sont totalement usurpées et qui sont nées d'une quelconque révolution politique, mouvement d'humeur... Avec Secrets et mensonges, Mike Leigh rejoint illico le panthéon des meilleures palmes d'or de tous les temps et ce sans aucune exagération. En 1996 donc, Mike Leigh monte le tapis rouge de la croisette et vient se placer en maître de la cérémonie et remporte donc le tromphé ultime ainsi qu'une belle récompense pour Brenda Blethyn qui tient le rôle de Cynthia Rose. Quelque mois plus tard, nos écrans révélaient la substance même du cinéma anglais dans toute sa beauté, son ambiguité et son engagement. Moins noir que ses précédents films, Mike Leigh réussit à extraire d'un pessimisme primal une beauté rare et précieuse. Ni spécialement politique ni spécialement drôle, ni spécialement malehureux, Secrets et mensonges est un peu de tout cela et finalement rien du tout. Il est une beauté pure, une simple relation sur un fil ténue, définition de la beauté ultime. On dit parfois qu'un chef d'oeuvre ne procure pas d'émotion particulière mais simplement un vide enivrant. De ce point de vue et même de tous les autres, le film de Mike Leigh est un bijou.

Cynthia n'est certainement pas belle, pas drôle, pas entourée d'amis ni de sa famille. Son frère, une bourgeoise dédaigneuse lui a subtilisé cruellement, sa fille le fossé générationnelle et l'ingratitude lui arrache peu à peu et la mort de ses parents lui ont laissé pour seul ami un paséisme isolateur et désespérant. Et ce n'est certainement pas son boulot d'encocheus sur carton dans une grande chaine qui va lui redonner la dignité. Hortense est belle, drôle et entourée d'amis. Sa famille a été un berceau radieux entre deux frères aussi détestable qu'adorables et des parents tolérant. Aujourd'hui elle est le symbole même d'une minorité qui émerge de sa pauvreté. Mais la mort de sa mère va lui donner un vide qu'elle est bien décidée à combler, n'étant pas le genre de femmes à se laisser abattre. La deuxième est noire et diplomée, la première et blanche, pauvre et vieille fille. Sous ses deux grands icones se cache évidement les deux passions du cinéma anglais: l'exclusion sociale et générationnelle, les minorités opprimées dans une société post-Tatcher. Aux premiers abords, Mike Leigh aurait pu paraitre se faufilant dans les méandres des pas d'un Stefen Frears, dans le rôle du bon élève ou du bon maître selon que l'on voit la chose. Et d'un certain regard, il n'y a aucune raison de s'opposer à cette remarque du moment que l'on considère Leigh comme une tête de file, aux côtés remarquables de Frears et de Loach. Le cinéma anglais est social ou n'est pas. Hérité d'une opposition farouche au tatcherisme, les cinéastes britanniques contemporains sont tous gorgés depuis la fin de l'ère de "la ménagère" d'un constat presqu'alarmant d'une société aux fossés de plus en plus prononcés et d'une politique sociale de moins en moins présente. Et Secrets et mensonges a une part de message politique. Mike Leigh filme les maisons de briques à la chaine comme rarement, avec tout leur étriquement, leur misérabilisme qui se résume à une simple terrasse de bitume coincée entre deux murs où le soleil passe juste pour se faire bronzer le corps en entier. Mais il parle aussi de l'émergence de ces minorités encore bien visible et de la peur sociale qui encore nait de ces situations. La famille Purley est une native et voir débouler Hortense au milieu d'eux va soulever tout un tas d'interrogation. Tout cet arrière-plan encore terriblement contemporain donne au film une densité, une profondeur de la reflexion.

Mais il est presque devenu banal pour Mike Leigh. Là où des réalisateurs en font des films entiers où il n'y a que ça, Leigh lui donne une simple valeur décorative pour laisser la place à une histoire de famille qui relève beaucoup plus des individus que des ethnies. Leigh préfère dès lors se focaliser sur un individualisme primaire qui incite les gens à craindre ses pairs plus que les gens à craindre les "étrangers". Leigh parle d'Hommes et d'incommunicabilité. Et c'est de là que Secrets et mensonges prend toute sa densité et sa puissance. Car il met en scène cinq personnages principaux dont aucun ne se soucis réelement des autres juste pour leux-même: Cynthia serait prête à aimer n'importe qui pour sortir de son isolement, Hortense cherche quelqu'un pour creuser son vide, Roxane cherche quelqu'un pour fuir sa mère, Maurice cherche quelqu'un pour fuir sa femme et cette dernière cherche quelqu'un pour évacuer sa haine et son désespoir. De ce constat de départ qui illustre un égoisme humaine, Leigh dénoue peu à peu les noeuds si familiers à une famille et résoud les secrets (et les mensonges justement). Il élabore une certaine "philosophie de vie" qui tend à résoudre tous les malheurs en éliminant tous les coins d'ombres de son existence. Il fait alors monter toute la pression au fur et à mesure, tous les points d'équilibre précaires qui lachent progressivement instaurant à chaque fois plus de problème. Les vérités sont au bord de toutes les lèvres mais ne sortent pas. Elles consument les personnages mais restent coincés par anticipation du regard d'autrui. Leigh, derrière ce constat utopique et simple sur le papier crée des relations clairs, auto-destructrices mais aussi belles qu'harmonieuses. Il prend le temps de nous faire connaitre les personnages, de nous les présenter et de nous montrer tous leurs secrets avant de les résoudre. Tant et si bien qu'on se consume en même temps qu'eux. S'il abuse de larmes, elles passent en nos coeurs avec une telle émotion que l'on ne pense même plus à dénoncer le côté lacrimal du film. Quand Cynthia Rose fond en larme (une trentaine de fois en deux heures et demi), on sent toute la misère de cette femme s'allumer en nous et l'on est entrainé vers la pitié la compasion et la colère. Mais tous ses sentiments laissent pour ainsi dire vide. Leigh ne cherche pas à nous en mettre plein les tripes. La fin du film nous laisse vide et éblouit par tant d'humanité. On se sent bien mais aussi absent, ailleurs, enchanté.

Cette émotion nous ferait presque oublier les qualités techniques du film qui ont valut à Secrets et mensonges sa palme. Outre sa grande maitrise de la mise en scène et de l'écriture, Mike Leigh nous compose un casting de grande envergure. Brenda Blethyn, couronnée à Cannes donc, porte le film à elle-seule. Elle est bouleversante, éblouissante en un mot géniale. Elle compose une performance proche d'une perfection enviable. Talent que l'on voit trop rarement mais si elle a aussi porté Saving Grace, la comédie anglaise par excellentce. Tous les autres sont aussi inconnus que parfait. De Hortense à Maurice, ils sont tous d'une justesse et d'une pureté louable qui a le mérite de faire passer le scénario déjà si beau pour un bijou encore plus précieux. Secrets et mensonges ne laissera donc au moins pas indiffèrent. Il est un voyage à deux pas de chez vous car d'un réalisme parfait mais une évasion éblouissante dans vos coeurs et vos secrets. Plus jamais vous ne verez vos mensonges comme avant, et c'est pour votre plus grand bien. Plus jamais vous ne verez le cinéma comme avant, et pour votre plus grand bien aussi.

# Posté le samedi 13 octobre 2007 18:04

Modifié le lundi 15 octobre 2007 12:22

Saw 4

Saw 4
Titre:Saw 4
Genre:Horrorshow
Nationalité:Américaine
Réalisateur:Darren Lynn Bousman
Scénario:Patrick Melton,Marcus Dunstan
Acteurs:Tobin Bell, Scott Patterson, Betsy Russel...
Sortie:2007
Durée:1h40
Note:12/20

Histoire:Les policiers se croyaient bel et bien débarassé de l'effroyable tueur au puzzle et de sa disciple dérangée Amanda. Mais même dans leur mort, les deux fous convaincus du bienfondé de leurs expèriences terrorisante continuent de mettre des personnes face à leur défauts et leur pêchés. Après la mort de l'inspectrice Kerry, la police voit débarquer deux agents du FBI qui sont bien décidés à éclaircir quelques points de la saga meurtrière de Jigsaw. Mais c'est à ce moment que l'inspecteur Rigg se trouve pris dans « son jeu ». Il n'a que 90 minutes pour retrouver son ami avant qu'il meurt et pour cela, il va devoir silloner la ville et laisser tuer des personnes voire en tuer pour sauver la seule des victimes qu'il connait. Autrement dit, il va devoir faire abstraction de son idéal qui est de sauver tout le monde, pour se concentrer sur ceux qui en vale la peine.

Avis:La vie cinématographique hollywoodienne a trouvé une nouvelle mode. Depuis quelques années il semble de bon tons de se créer des rendez-vous annuels au pouvoir fidélisant pour les spectateurs relativement adictif. Ainsi, en Juillet nous avons le droit à notre traditionnel Harry Potter, série qui devrait se finir pour se voir remplacé par La croisée des mondes qui commence dès noël. Dans la catégorie « plus de 18 ans », la saga Saw rythme nos halloween depuis maintenant quatre ans. Repoussant à chaque fois les limites de l'acceptables, de l'horrible, les producteurs de la série ont trouvé un bon filon pour adolescents trash qui souhaitent passer le 31 Octobre autre part que dans la rue à scander des « Trick or Treat » aux portillons de leur quartier. Après , c'est Bousman qui a récupérer les rênes de la série et qui signe en cet Octobre 2007 un nouvel opus corcé. Après la merde informe que représentait le numéro trois du nom, ce Saw 4 est une expèrience plus que jouissive qui se rapproche un peu de la qualité du premier en empruntant un schéma « par étape » proche du Seven de David Fincher. Alors bien sûr on est pas ici dans le cinéma inoubliable, mais le plaisir coupable est bien là et l'heure quarante passé dans le cinéma ne se reniera pas.

Autant prévenir tout de suite les non-accros, comprendre Saw 4 nécessite forcement d'avoir vu les trois premiers. Alors si vous vous faites embarqué dans cette expèrience sans avoir suivit la saga, penchez-vous sur l'épaule de votre voisin pour vous faire résumer les tribulations palpitantes de Jigsaw et de sa disciple, surtout l'opus numéro trois. Sans quoi vous passerez à côté du film bien évidement. En effet, Saw 4 est un peu une « conclusion » une synthèse de toute la saga qui dénoue toutes les interrogations présentes mais surtout passé. En effet, les scénaristes ont jugé bon d'éclaircir la génèse du tueur que l'on commençait à croire « délinquant par héritage génétique ». Et bien pas du tout. Le vieillard cancéreux a en fait des motivations très précises autre que sa maladie chronique. Par un moyen plutôt maladroit, l'histoire fait intervenir ces deux agents du FBI qui, alors que des meurtres se déroulent aux quatre coins de la ville, se penchent sur la psychologie du tueur entre autre en retrouvant son ex-femme. Parallèlement à la course-poursuite haletante de notre flic black, des flash-back reviennent donc sur la naissance du monstre. Bien que bancal, ce sont ces séquences qui font tout l'attrait du film. Car au lieu de multiplier les sadismes par des inventions loufoques (on se souvient bien évidement de la graisse de cochon dans le trois), Bousman essaye de retrouver une simplicité où l'horreur serait plutôt dans les relations et la paroles que dans les images. Sans égaler le génie du premier opus, l'effort sensible de sobriété se fait cependant ressentir et le scénario est suffisement habile pour dissimuler la lourdeur du procédé (le retour sur le passé lors d'un interrogatoire tendue entre un flic nerveux et une victime innocente) sous un plaisir coupable de voir enfin les clés apparaitre. Ainsi, l'on voit la première expèrience sadique de Jigsaw qui est d'une simplicité totale et d'un effroi tout aussi total. Porté par la froideur de Tobin Bell, seul vrai acteur du film à tenir la route, cette séquence est le paroxysme de l'intelligence du film.

Mais même dans sa complexité, Saw 4 arrive aussi à créer un interêt en se penchant cette fois sur un travail de rythme. Là où Saw 3 était une histoire au service de l'horreur, Saw 4 se montre comme étant l'inverse. Porté par quelques scènes choc, c'est la trame et la psychologie qui reprend le dessus de la saga. Une psychologie bien sommaire mais au sadisme ingénieux qui ne manque pas d'interêt. Jigsaw oblige un flic caricaturalement bon a découvrir son côté sombre, le mettant dans des situations insoutenables et lui demandant de faire comme lui. Le scénario emprunte ici à La colline a des yeux d'Aja où le héros se retrouve subitement face à l'absurdité de ses idéaux mais aussi à Seven de David Fincher pour un rythme par étape et pour sa peinture cynique des policiers idéologues. Sans bien sûr égaler ces deux monstres du film d'horreur et du thriller, trouve une authenticité de qualité cependant qui rend Saw 4 interessant et palpitant. Mais pour autant, Bousman garde l'authenticité de la série qui consiste à repousser les limites du dégueulasse, et réussit encore à nous surprendre dans un filon qu'on croyait épuisé depuis le deuxième épisode. Ainsi, on a le droit à un arrachement capilaire violent, un oeil crevé à la faux, une parti de Pic'pirate pour deux corps mêlé et une lutte acharnée pour la survie en guise d'ouverture. Mais surtout, on a le droit à cette séquence d'autopsie qui précède tout générique ou idée d'histoire. Gratuite, iréaliste, cette scène soulève le coeur sans pour autant procurer la gratuité de la graisse de porc. Soit le corps de Jigsaw totalement dépecé comme on ouvre un lapin, avec bruits ignobles et détails dégoutants. Pas de quoi s'attarder mais pas de quoi bouder non plus. Saw 4 assume ses caractéristiques et les exploitent sans tomber dans la débilité. Et nous nous prêtons au jeu tout en ayant des exigences qui sont pleinement satisfaite.

Passez donc au delà de la médiocrité sans nom d'une réalisation idiote. Oui les couleurs sont dégoulinantes et ignobles, oui Bousman peut s'égarer dans un clipesque crade et irréfléchi. Mais l'on sait bien qu'en venant voir Saw, on ne viendra pas voir du Aja. Saw 4 est un slasher de bonne qualité scénaristiques aux idées tordue et à l'histoire sensé et palpitante. Et pour tous ceux qui continuent de croire que cette saga a du bon en elle, ce quatrième épisode sera une bénédiction.

# Posté le mardi 06 novembre 2007 03:00

Bonjours amis cinéphiles

Comme beaucoup de gens perspicaces l'ont remarqué récement, je ne poste plus beaucoup de critiques. Il y a deux raisons majeures à cela. La première s'appele classe préparatoire. Oui, c'est pas très drôle mais quand on sait qu'on sera peut-être à Science po l'année prochaine, ça donne envie je vous jure. La deuxième s'appele Cineminds. J'ai eut l'honneur d'être enrolé pour publier mes critiques sur ce site: Cineminds.fr qui m'a bien accueuilli. Je vous remercie de votre fidélité et je reprendrai ce blog surement à la fin de l'année. D'ici là vous pouvez guetter mes rares apparitions sur Cineminds.
Pour patienter, allez voir I'm not there de Todd Haynes qui est peut être mon film de 2007!

# Posté le vendredi 07 décembre 2007 12:57