La constance du jardinier

La constance du jardinier
Titre:La constance du jardinier
Réalisateur:Fernando Meirelles
Acteurs:Ralph Fiennes, Rachel Weisz, Danny Huston...
Sortie:2005
Durée:2h08
Genre:Humanitaire et nécessaire
Note:17/20

Histoire:Justin et Tessa Quayle habitent Nairobi. Elle l'a convaincu de l'emmener avec lui dans sa mission diplomatique au Kenya après quelques mois de badinages. Depuis, ils vivent en Afrique, dans l'univers choyé de leur quartier de blanc. Mais Tessa est révoltée par le malheur qui l'entoure et s'engage vite auprès de missions humanitaires. Après un mystérieux travail de plusieurs mois, elle part avec son ami à Loki, laissant son mari à son jardinage. Mais elle ne reviendra pas, assassinée par un groupe armée qui voulait la faire taire. Pour réaliser son deuil, Justin s'engage sur les pistes de sa femme et découvre un traffic meurtrier de laboratoires pharmaceutiques qui testent des médicaments non-fiables sur des femmes et des enfants africains, condition sine qua non pour avoir accès aux médicaments.

Avis:Cela fait plusieurs années que les critiques de cinéma parlent d'une phénomène tout à fait récent et rassurant: l'interêt de plus en plus brûlant pour la condition africaine. Vision néo-coloniale débilitante ou militantisme brûlant et passionant, les films abondent et ne se ressemblent pas, laissant des traces dans le marbre du septième art ou pas. Fernando Meirelles, après un passage remarquable dans les favellas du Brésil (La cité de Dieu) s'envole pour le Kenya dans les pas du grand romancier contemporain John Le carré. Le roman était d'une grandeur inégalable mais on aurait pu croire à une détestable farce pour l'adaptation, qui ne garderait que l'intrigue policière pour un film conventionnel. Mais bienheureusement, Fernando Meirelles n'est pas du genre à rentrer dans le moule de la banalité et déploit ses ailes de révoltés pour donner à son The constant gardener une élégance rare. Brûlot hautement corrosif et douce fresque amoureuse, film policier et film politique, The constant gardener a autant de facettes que d'interêts diffèrents et chacun y trouvera son compte. Mais personne ne pourra passer à côté de l'engagement profondément humaniste de son réalisateur.

Il fallait bien qu'un jour un audacieux tente l'adaptation d'un bouquin de John Le Carré. Ancien agent secret reconverti dans la prose, ses thrillers aussi beaux que palpitants avaient tout pour passer au grand écran: l'aspect grand public comme la qualité. Ce passionné de l'Afrique et contemplateur révolté se devait cependant de trouver quelqu'un à la hauteur de son engagement. Et Fernando Mereilles avait tout du réalisateur idéal. Dans La constant du jardinier, Mereilles reprend la dénonciation là où Le Carré l'avait laissé. Il l'avait ammené à un stade d'écriture engagée mais pas corrosive, simple constat d'un fait qui le révolte. Mereilles va lui donner sa splendeur en passant à la vrai dénonciation. Dans tous les plans, dans toutes les séquences, La constance du jardinier transpire la haine pour ces gens qui tuent pour le fric, avait une mauvaise-foi et dans des malversations gerbantes. Le réalisateur ne critique pas tant la cruauté capitaliste à son paroxysme que cette couardise de ne pas faire les choses franchement. On pourrait presque dire que Mereille a plus de mérite pour Hitler qui a affiché ses idées que pour ces vers rampants et mielleux pour cacher leurs assassinats. Le réalisateur les fait alors apparaitre, le temps d'une réplique de trop, d'une question esquissée négligement de la main... Mais la plus grande qualité du film est justement de ne pas en faire une dénonciation brute sans aucune espèce de finesse. Mereilles suggère tout, donnant la première place à son héros et sa romance tragique plus qu'aux crétins assassins. L'engagement politique porte toutes les images mais ne deviennent très vite qu'un arrière-plan discret mais omniprésent. A l'inverse de sa démarche dans La cité de Dieu, le réalisateur adopte une finesse diablement efficace et autrement plus efficace qu'un brulot ennuyant.

Ce qui fait donc que La constance du jardinier, après la séance, reste comme une romance exotique délicieusement déchirante que comme un film engagé. Mais dans les deux cas, c'est l'excellence qui est le maitre mot du réalisateur comme de l'auteur. Conscient de l'importance des comédiens dans ce genre de film, Mereilles charge deux grands de leurs génération de porter l'histoire. Ce sera Rachel Weisz, primé justement aux oscars pour ce rôle, et Ralph Fiennes qui retrouve un jeu romantique semblable à sa prestation extraordinaire du Patient anglais. Cette fois-ci, il remplace Kristin Scott Thomas au creux de ses bras par ce petit bout de femme qui mérite la VO à elle-seule. Diable de haine et d'amour Weisz témoigne d'un engagement profond dans son rôle. C'est sa présence qui hante la première partie du film et qui se prolonge dans son absence de la deuxième partie. La voyant, on comprend et on souffre avec Justin. La constance du jardinier raconte horriblement la poursuite d'un mari à la recherche de la vérité conscernant sa femme et non pas son engagement. Toute sa fugue n'a qu'un but: comprendre le fantôme qu'il a aimé et qu'il a perdu pour une cause fatale. Mereilles filme le déchirement de se rendre compte qu'on a vécu à côté de quelqu'un sans le comprendre réelement. Tragique, La constance du jardinier joue la carte de l'outrance des sentiments qui s'évaporent dans les tumultes du thriller mais qui restent omni-présents. L'issu inévitable devient presque une libération dans une explosion de peine qui marque le talent de Mereilles. Dans tous les genres qui se mélangent, Mereilles excelle et forme un ensemble homogène, tourmenté et poétique.

Pour lier le tout, le réalisateur signe une image léchée. A l'heure où le cinéma américain teinte l'afrique de couleurs vives comme des boubous pour entretenir l'exoticité du lieu (cf: Blood diamond), Mereilles montre un Kenya pâle et bleuté ou le noir de la peau ne contraste plus avec la tristesse de la photographie. Et quand il revient en Europe, elle apparait comme presque réjouissante et ensoleillée. La constance du jardinier se joue des clichés, des habitudes et transperce les frontières des genres. Le brulot est bien là et révolte plus que jamais mais c'est la poésie qui domine. Tout ressort avec de l'importance car Mereilles porte de l'attention aux moindres détails. Il fait un des films sur l'Afrique les plus réussis de la décennie, qui rejoint Lord of war au panthéon des oeuvres d'art nécessaires.

# Posté le samedi 15 septembre 2007 17:25

Modifié le samedi 22 septembre 2007 14:47

Joyeuses funérailles

Joyeuses funérailles
Titre:Joyeuses funérailles
Réalisateur:Franck Oz
Acteurs:Matthew MacFadyen, Rupert Graves, Alan Tudyk...
Sortie:2007
Durée:1h30
Genre:Happy dead friends
Note:14/20

Histoire:A l'enterrement du père, toute la petite famille se rejoint dans la pavillon de campagne où se déroule l'enterrement. Alors que Daniel et sa femme s'occupent de sa mère depuis la mort de son père, Robert arrive de New-York où il fait sa vit de riche écrivain à succès égoiste et radin. Martha, la cousine de Daniel débarque elle avec son frère et son marie, lequel n'a pas la côte dans le coeur de son père alors qu'ils ont prévu de se marier. Elle essaye désespérement de rabibocher les deux hommes mais la tache s'avère plus compliqué quand elle se rend compte que son copain a avalé de l'acide croyant prend un Valium. Tout ce petit monde, moitié défoncé, moitié paumé se retrouve autour du cercueil pour une après-midi riche en révélations et rebondissements.

Avis:Oyez, oyez braves fans de comédies anglaises trash, le millésime nouveau est arrivé. Cela fait plusieurs années que la comédie anglaise est des plus médiocres. Consomation spontontanée et mono-usage, les films se suivent et se ressemblent, réunissant souvent autour d'un cadavre des personnages divers et variés, souvent stéréotypés. Globalement, depuis Quatre mariages et un enterrement, on a pas eut une comédie d'inspiration british très réussie. Et c'est étrangement un américain qui redonne à la comédie british un peu de piquant. Après un Et l'homme créa la femme purement jouissif à une Glenn Close robotisée, Frnakc Oz lorgne du côté de la petite île sadiquement noire pour signer Joyeuses funérailles. Ne vous emballez pas cependant, Joyeuses funérailles n'est pas à encadrer dans des dorures sublimes, mais il est interessant, surtout pour vos zigomatiques, de faire un petit crochet par cette comédie à l'esprit très Mr Bean. Soit une famille un peu potache, un peu coincée qui est réveillée de sa létargie effrayant par un peu d'extasy prise pour du Valium et par un nabot olé-olé. Il en faut peu pour foutre la zizanie chez les cul-pincés. Démonstration.

On reconnait souvent une bonne comédie à ses artifices et à son entrée en matière. De ce point de vue, le générique du film de Franck Oz est simplement jouissif. Sur une carte de la campagne anglaise, un petit cercueil se balade, sur une musique sautillante, sur les routes. Elle fait des détours, se goure de routes, prend l'autoroute dans le mauvais sens... Avant d'arriver laborieusement dans la cours d'une petite propriété. Commence alors le film. Ce n'est pas tant la complexité du générique que son idée même qui le rend extraordinaire. Si la description vous a déplu, n'en déduisez pas que j'ai un humour de merde. A voir ce petit cercueil comme un enfant pousserait une petite voiture sur une carte, la petite boite fait hurler de rire pendant les deux minutes de cette entrée en matière. Et la scène qui suit n'en est pas moins alléchante.Les quatre idiots qui ont conduit le corbillard mènent donc la boite au milieu du salon et l'ouvre, pour laisser à Daniel l'horrible spectacle d'un homme mort... qui n'est pas son père. Ce gag résume en un rien de temps l'essence même de la comédie anglaise et de ce qui fait qu'on l'aime ou qu'on la déteste purement et simplement. Elle est immorale, sadique, noire, souvent trash et remut les mémés bigottes qui sont souvent les victimes favorites de ces comédies. Elles dépeignent surtout une société embourgeoisée qui se confronte à la réalité du monde moderne: la drogue, le sexe et le rock n' roll. Et souvent, elles s'y intègrent formidablement bien. Franck Oz récupère toute l'essence de ces comédies et les unifient dans une gerbe réjouissante de "déluration". On aurait donc tendance à dire "rien de nouveau sous le soleil" ou plutôt le fog. Mais l'important n'est pas là. Car l'interêt de Joyeuses funérailles n'est pas dans l'inovation mais au contraire dans l'assimilation. Oz regarde ses pairs attentivement et s'inspire d'eux. Il teinte tout cela de modernisme, évidement.

On est donc parti pour une heure et demie intensive de gags olé-olé et surtout divers. Du gag à répétition que constitue le Valium à la scène scatologique toujours aussi jouissive, Oz passe par tous les genres, des sketchs visuels (l'hallucination du nain) aux sketchs écrits avec une bien belle plume (la déclaration d'enterrement). Le scénario, clé des comédies, ne nous lache pas un seul instant. Il se déchaine et bourre toutes les minutes de son films jusqu'à l'overdose. Les révélations s'enchainent, s'emmelants avec les quiproquos et les messes basses et les disputes nombreuses. L'abondance de personnages permet de mener plusieurs histoires parallèles qui créent un ballet enivrant et surtout passionant. Joyeuses funérailles est une énorme pièce montée bourrative que'Oz bourre au maximum, rajoutant sans cesse des étages sans jamais que l'on aperçoivent les mariés en haut. Joyeuses funérailles n'a pas de paroxysme, pas de "retour au calme". Jusqu'au générique même, Oz en rajoute sans cesse, relance toujours une histoire, une réplique, une image drôle finissant dans une orgie monstrueuse aux allures très proches d'un banquet gaulois d'Astérix. Tout le monde finit à terre, shooté jusqu'à l'os ou en état d'hystérie complète. Ca se fout sur la gueule, ça s'engueule, ça revendique bref ça vit. Et c'est justement ce qu'on attend d'une comédie: qu'elle vive. Franck Oz a tout compris au principe même d'une bonne comédie: qu'elle bouge sans cesse, qu'elle s'agite dans tous les sens avec style et harmonie comme une fourmillière. Joyeuses funérailles répond à tous ces critères sans exception. Ce qui la conduit naturellement à une haut niveau du genre.

Alors bien sûr que le film n'est pas parfait. Oz commet quelques dérapage entre autre dans la générique de fin où il se sent obligé de mettre un témoignage à la bonne humeur qu'il y avait sur le plateau avec un medley des plus beaux fou rires ridicule. Mais pour tout le reste, il s'appuye sur des comédiens aussi inconnus que déchainés, aussi bons que drôles. Oz continue donc un cycle d'excellence qu'il avait entamé avec Et l'homme créa la femme et qu'il poursuit avec Joyeuses funérailles. Ou des comédies peut-être pas immortelles mais qu'on revera avec la plus grande jouissance et qui ont contribuées à nous faire une vie plus belle pendant une journée. Et c'est après tout ce qu'on demande aussi au cinéma.

# Posté le mercredi 19 septembre 2007 12:37

Modifié le samedi 22 septembre 2007 11:41

Ed Wood

Ed Wood
Titre:Ed Wood
Réalisateur:Tim Burton
Acteurs:Johnny Depp, Bill Muray, Patricia Arquette...
Sortie:1995
Durée:1h55
Genre:Le mirage Hollywood
Note:17/20

Histoire:Edward Wood jr arrive du fin fond de l'Amérique profonde à Hollywood pour conquérir la colline et ses stars. Convaincu de son talent et poussé par sa fiancé Dolorès qui est aussi son actrice, il va de producteurs en producteurs pour trouver quelqu'un qui veule de ses projets. En attendant, il est employé à la Warner et s'occupe de petites comissions à défaut de pouvoir tenir la caméra. Jusqu'au jour où on lui demande de tourner un film sur les travestis, étant le réalisateur le plus à même de traiter ce sujet, étant lui-même travesti. Commence pour lui une vague carrière poussée par l'espoir que lui donne Bela Lugosi, star sur la fin de carrière qui est oublié depuis son rôle de Dracula. Malgré les difficultés, lui et son équipe vont de films et films et tentent d'imposer leur vision du cinéma. Vision qui vaudra à Ed Wood le titre de "plus mauvais réalisateur de tous les temps".

Avis:Il m'a toujours surpris de voir que beaucoup de cinéphiles citaient Ed Wood comme le meilleur film du réalisateur. A côté d'Edward aux mains d'argent pour n'en citer qu'un, les extraits de ce film me paraissaient bien peu convaincantes. Mais l'on comprends en fait que de tous les films de Burton, Ed Wood est celui qui fédère le plus les critiques, les allergiques au réalisateur y trouvant leur compte. En 1994 en effet, Burton s'empare de la vie palpitante d'un réalisateur que l'on qualifie de "plus mauvais de tous les temps" et qui est rentré dans la légende pour cet honneur qu'il a reçu. Plus réaliste étant un biopic, Ed Wood est moins emprunt au monde féerique du réalisateur. Il n'en demeure pas moins une superbe rampe d'accès à son monde et un objet cinématographique des plus palpitant. Hommage à l'impressionisme allemand, Burton s'identifie à Wood et à travers sa vie rend hommage à toutes ses sources d'inspiration. Dans une gerbe d'humour et de loufoquerie, Ed Wood se creuse une place atypique et intrigante dans le filmographie du rêveur d'Hollywood et dans celle du dandy américain Johnny Depp qui se transforme encore une fois pour les beaux yeux de Burton. Avec les dents du bonheur, s'il vous plait.

Le premier rapprochement que l'on fait en voyant Ed Wood, c'est Vincent, son court-métrage horrorifiquement gothique mais avant tout génial. D'abord parce que Tim Burton retombe dans la nostalgie du noir et blanc. Ce choix délibérément vieillot, d'un monochrome mal-travaillé, un peu bafouillant, a le mérite de nous plonger directement dans l'ambiance des chef d'oeuvre du début de siècle dans lequel Edward Wood a baigné toute sa vie, à commencer par Dracula, qui donne toute sa justification au film. Au fond, si Burton a fait ce film, c'est parce qu'il se sent plus proche du réalisateur que quiconque. Lui aussi influencé par l'impressionisme allemand, il vénère Bela Lugosi mais aussi Orson Welles, deux géants du cinéma qu'il aurait bien aimé connaitre. C'est pourquoi il s'évertue, durant tout le film, à donner des allusions, et à faire revivre ces modèles comme il les imagine. Ed Wood est avant tout la reconnaissance de modèle et la poursuite d'un thème qui tient à coeur à Burton: le paternalisme et la relation entre génération. Il sous-entend cette relation habituellement explicite (d'Edward à Big fish en passant bien sûr par Charlie et la chocolaterie) en l'assimilant à la relation fan/idole. Toute l'entreprise de Ed et celle de Tim sont poussée par le désir de se rapprocher des ses pères, de ses modèles. C'est pourquoi Burton va faire de la relation entre le réalisateur et Bela le pilier central du film. Dès leur rencontre coquasse (Bela essaye des cercueils dans un salon de pompe funèbres), ce sont deux passions communes qui se rassemblent et s'entendent, pensant réaliser de grandes choses ensemble. Le vieillard veut revivre, et le jeune veut enfin vivre ses passions. Faisant ici murir son analyse, Tim Burton inverse minutieusement les rôles: c'est Ed qui devient les protecteur de Bela, shooté et en piteux état. Pour la première fois, Burton montre des patriarches fragiles et qui ont plus à apprendre de leurs descendants que l'inverse. Toute la tendresse voire l'amour des deux gouverne le film avec la poésie que l'on connait au réalisateur.

Mais au dela de cet aspect, Ed Wood est aussi un film de rêve et d'espoir. Toutes les images, tous les dialogues ne vont dans un seul sens: réalises tes rêves. Sauf qu'ici, au lieu de plonger ses personnages dans ceux-ci, il montre leur lien fragile avec la réalité. La féerie relève du domaine de la suggestion et elle n'a malheureusement pas de place à Hollywood si ce n'est dans et devant la caméra. Sur le plateau, Ed est femme, il est monstre, vampire, génie du cinéma. Il conjugue richesse, plaisir et amitié dans ses rêves et le cinéma est le seul moyen de se rattacher à ses rêves. Mais étrangement, Tim Burton apparait comme un peu plus grave que d'habitude. Son optimisme qui ne le quittera plus après (La planète des singes mis à part) est mise en cause, comme si Ed Wood avait été sa crise d'adolescence. En 1994, Tim Burton signait son film le plus "mature". Mais derrière la difficulté, il reste tout de même cet espoir que le rêve pourrait bien vaincre. Si Burton est plus mesuré, son "dream power" n'en est pas moins virulent. Au delà des contraintes matérielles, tous les héros, les collègues de Ed qui forment peu à peu une équipe unie dans la difficulté, une vraie famille aussi fidèle qu'attachante, réussissent à réaliser leurs rêves, à devenir des vraies "cinéastes". Qu'ils soient hués, rejettés par les producteurs et les critiques, ils s'attachent à leur but. C'est aussi pourquoi Ed Wood plait autant aux jeunes cinéphiles et étudiants au cinéma. A l'heure où faire son trou n'a jamais été aussi dur, le film de Burton montre un onirisme certain devant la beauté de l'envie, la récompense de l'effort. Comme Le cercle des poètes disparus avait parlé à tous les jeunes comédiens bafoués par leur société cul-pincée.

Mais au-delà de son sens profond, Ed Wood est aussi une grosse farce, comme un gateau crémeux monochrome au kitsh assumé se mélangeant à une pointe de gothisme. Comme dans Edward aux mains d'argent, Tim Burton reitère l'exploi de mêler pull rose en angora et vampire ténébreux. Au delà du noir et blanc, Burton suggère une émulsion de couleurs que l'on devine proche de celle donnée en spectacle dans Charlie... mais que la réalisation cache derrière un univers inquiétant et fantastique. Le kitsh est le domaine de la réalité alors que le gothisme devient celui du rêve. A travers cela Ed et ses compatriotes se travestissent, passant de l'un à l'autre avec une facilité et une homogénéité burtonnement géniale. A l'image de ce Bela Lugosi qui passe de son intèrieur aux bougies et cercueil effrayants à une devanture de maison plutôt Desperate housewives ou cette animatrice télé qui devient en un tour de perruque une blonde plantureuse ou une effrayante femme-vampire. Les personnages de Burton ne savent pas choisir; ils sont sur le fil. Refusant le réalisme déprimant tout autant que le rêve illusoire, ils tentent de combiner ces deux univers qu'ils voudraient unir sans jamais y réussir. C'est ce contraste à la force dramatique insoupsonnée qui hante les films de Burton depuis toujours. Comment combiner un intèrieur riche et féerique avec un monde obtus et triste à mourrir. Tout au long de sa filmographie, Burton penche tantôt d'un côté, tantôt de l'autre mais toujours gorgeant ses personnages de ce déchirement impossible à gérer. Et qui mieux que Johnny Depp pour interpréter cette ambiguité. Mi-homme mi-femme, mi-cinéaste et mi-producteur, mi-extraverti et mi-timide, il est un Ed Wood formidablement drôle qui interprète toute la "philosophie burtonienne", tout le paradoxe du monde. Il donne corps avec une poignée d'autres acteurs extravagants et géniaux à une fantaisie plus dramatique qu'elle n'en parait, mais toujours poétique et incroyablement drôle. On ne pourra que regretter que Danny Elfman n'y soit pas venu y poser ses notes.

# Posté le samedi 22 septembre 2007 17:13

Modifié le dimanche 07 octobre 2007 14:39

99 F

99 F
Titre:99 francs
Réalisateur:Jan Kounen
Acteurs:Jean Dujardin, Vahina Gioccante, Jocelyn Quivrin...
Sortie:2007
Durée:1h45
Genre:Daté
Note:10/20

Histoire:Octave est une merde. Une merde contemporaine comme il en existe tant d'autre. Car Octave est publicitaire. Il fait acheter à des pauvres types des produits innutiles. Il bosse pour la Ross et Wichcraft. Avec Charlie, il bosse pour Jeff, commercial ultra-speed qui a bien du mal à comprendre les deux artistes. Son monde et carton-pâte avec cocaine et femmes à gogo va s'écrouler à cause d'une réunion avec son client qui refuse sa superbe idée de pub pour un yaourt pour une idée plus classique et plus vendeuse. Il va alord tout faire pour se faire licencier mais sans abandonner pour autant tout ses bénéfices comme s'il démissionnait. Le projet sur la yaourt va peu à peu faire germer l'idée d'une revanche en direct en tournant une fausse publicité. Mais parallèlement, il tombe en profonde dépression à cause de sa rupture avec Sophie qu'il a largué avec un mome dans le ventre.

Avis:De tout point de vue, Jan Kounen est peut-être le plus intriguant mais aussi le plus contestable des réalisateurs contemporains français. Intriguant car un film de Kounen est toujours une nouvelle expérience et critiquable parce que de ces expèriences on ne retire que rarement quelquechose de bien. Tout juste du plaisir et encore (Dobermann...). Depuis bientôt 15 ans, on attend que Jan Kounen resorte de son chapeau le talent dont il avait fait preuve dans ses court-métrages comme Le dernier chaperon rouge ou dans une moindre mesure Vibroboy. Alors à chaque (rare) nouvel opus, on se rend en salle avec l'espoir de voir LE film de Kounen. Autant se défaire tout de suite d'une mince illusion: 99 F n'est pas celui-ci. Il faut dire aussi qu'il ne partait pas avec de très bonne bases. Adapter un livre de Frédéric Beigbeder et encore plus quand on s'appelle Kounen, c'est très dangereux. Car avec son côté pseudo-trash à la Bret Easton Ellis le talent en moins, ses livres sont la porte-ouverte à une dégénérescence sex and drugs idiote et sans interêts. Et bien bizarement, c'est cet aspect de 99 F qui fait du film un film respectable et pas une sombre bouze. Car ce qui était il y a dix ans une critique acerbe du milieu de la publicité est devenu un pamphlet stéréotypé et déjà tellement vu depuis. Alors Kounen rame et sort un Jean Dujardin inspiré qui comble le vide intersidérale de sa finesse.

"Tout est perissable: l'amour l'argent l'art vous moi... surtout moi", telles sont les premières, les dernières et les paroles recurrentes d'Octave. Parmis tant d'autres répliques bien senties du livre de Beigbeder (entre autre un "les riches vendent des objets pour acheter de la coke et les pauvres vendent de la coke pour s'acheter des objets"), Jan Kounen a sortit ce leit-motiv de l'ensemble pour batir son film. En tout cas, cette formule désuète marque bien le gros défaut du film: les constats tirés sont parfaitement datés et périmés. En sept ans, ce qui parait pourtant bien peu, la critique de Beigbeder à l'époque novatrice et efficace est devenu un miasme stéréotypé et politiquement correct qui donne vaguement l'impression que ses producteurs et réalisateurs crachent dans la soupe. Car oui, les publicistes sont des connards mais ils sont des artistes qui sont en fait contraints par les vendeurs qui veulent de l'efficace. Ainsi, ce qui aurait pu être un marché de qualité artistique et scénaristique grande devient une production à la chaine de mièvrerie consommatrice et scandaleuse manipulant les ménagères de 50 ans qui donnent généreusement leur temps de cerveau disponible entre Les feux de l'amour et Amour, glore et beauté. Une fois que cela est dit, rideau. Jan Kounen n'ira pas plus loin. Autrement dit, il se refusera à dépasser l'oeuvre papier pour en faire un pamphlet moderne qui aurait pu reprendre les personnages et la trame du livre en en changeant le fond bon pour la poubelle. Mais non. Peut-être d'abord parce que ça aurait voulu dire travailler plus (pour gagner moins??) avoir plus de sens artistique et politique que Kounen n'en a. Mais sans en arriver à ses conclusions, force est de constater qu'il y a deux choses qui clochent dans le message de 99F: d'une tout ce qui est dit est su et acquis et ceux qui l'ignerent encore n'iront de toute façon pas voir ce film et de deux, dans notre monde si speed et si changeant, la publicité en sept ans a évolué vers une qualité encore médiocre mais difficilement niable. Musique de qualité, humour décapant et mise en scène de qualité prennent de plus en plus le pas sur une production à la chaine de clips où une famille Ingalls moderne déjeune dans une champ avec la chicoré pour toute la famille. Donc non seulement Kounen se cantonne à une revendication de base, sans réel fond mais en plus il ne se rend pas compte que tout ce qu'il affirme comme valeurs prend de plus en plus de réalité dans notre société. S'il reste un manipulateur à la fin de la séance, c'est donc bien lui, se faisant avoir à son propre jeu.

Reste alors le deuxième aspect du film qui s'avère bien plus interessant: la société auto-destructrice du show-biz sex ans drugs. Beigbeder sait de quoi il parle et Kounen apporte son grain de sel, son expèriience aussi on imagine pour signer un pamphlet plus réaliste et plus intriguant. On aurait pu croire à du déjà vu, mais les délirs psychotropes d'Octave sentent bon l'originalité et surtout le monde de Kounen. Car on peut dire ce que l'on veut, le sens esthétique du réalisateur a celà d'intriguant qu'il est surtout jamais vu et surprenant. Dans Dobermann, il laisser de froid à cause du stéréotypage excécrable qui le précédait. Mais dans ses courts-métrages, il éblouissait par sa maitrise et sa precision aiguisée. Dans 99F, il arrive un peu à retrouver l'onirisme de son Chaperon rouge et l'hyper-activité de son Vibroboy qui rivissent par moment. Ainsi, ce délir en boîte de nuit finit qui finit sur une pelouse avec la fameuse famille Ingalls danoise doublée est extraordinairement bien mené et drôle. Il nous rapproche avec quelques autres séquences du Kounen que l'on aime bien. Des bonnes idées se font sentir donc, sous l'effet d'une drogue omni-présente ou d'un amour plus planant que de la coke. Ainsi, toute la virée avec Giocante est sujette à des scènes coquasses ou hard plutôt bien trouvées et filmées, à l'image de la baise multiple le long des rues qui se finit immanquablement par un larguage en règle dans un resto chinois qui est LA scène du film. Mais malheureusement, et c'est bien là le défaut qui coule Kounen à chaque coup, il retombe trop souvent dans l'excès injustifiés de procédés de mise en scène étranges, chiants, déplacés voire même banals. Dessins-animés, accélérés épilleptiquement dangereux pour la santé, arrêt sur image, zoom jusqu'à la nano-particule... Kounen fait des choses incompréhensibles juste pour perdre et pour donner de la jeunesse au film. Effets outranciers qui sont d'autant plus dommages qu'ils cotoient des scènes simplement poétiques et/ou drôle et/ou trashs qui sont plus posés et plus réussies comme le passage à l'asile psychiatrique d'Octave.

Alors au milieu de ce marasme de réussite et de beaucoup d'échecs reste Jean Dujardin qui a l'avantage de la constance superbe du début jusqu'à la fin. Les critiques ont eut tendance à jeté le bébé avec l'eau du bain et ils ont eut bien tort. Dans ses cordes habiuelles, Dujardin montre cependant un petit plus qu'il n'avait pas jusque là: l'intensité dramatique. Même s'il est souvent le Mr 100000 volts qu'on connait, il prend le temps parfois de se faire germer de son interprétation des aspects plus graves, plus rêveurs et lubriques. Jan Kounen arrive de plus à ne pas nous faire totalement détester ce film en finissant sur une bonne idée: décortiquer la happy-end manipulatrice qui elle est encore bien vivace et bien plus interessante à démonter que le monde de la publicité. C'est LA liberté que s'octroit le cinéaste par rapport au film. Là où Beigbeder finissait dans une écatombe psycho-gore à la Orange mécanique où une mémé se faisait enfoncer son dentier dans le cul, Jan Kounen préfère finir son film et proposer une fin alternative, happy-end à la Robinson Crusoé qui montre l'imbécilité de l'attrait pour l'exotisme typiquement oriental. Ainsi Octave se casse à l'autre bout de la planète et joue les aventuriers de Koh-Lanta heureux qui décroche enfin d'un monde speed et qui retrouve la femme qu'il aime. Une vraie brochure de pub en somme. La chose coquasse, c'est qu'avant le film passait la publicité pour Vivendi où Crusoé se construit des cages de rugby pour voir les mouettes jouer. Heureux hasard?

# Posté le dimanche 30 septembre 2007 10:20

Modifié le mardi 02 octobre 2007 02:16

L'âge des ténèbres

L'âge des ténèbres
Titre:L'âge des ténèbres
Réalisateur:Denys Arcand
Acteurs:Marc Labreche, Diane Kruger, Sylvie Léonard...
Sortie:2007
Durée:1h55
Genre:L'âge de la désintégration en si mineur pour bobo solo
Note:13/20

Histoire:La crise de la quarantaine est sévère pour Jean-Marc. Travaillant au fin fond d'un stade de hockey sur glace pour le ministère des affaires sociales québecquois, ce héros de la vie quotidienne tire un cafard du entre autre à un monde qu'il ne comprend plus et où sa femme et ses deux filles se sont imérgées la tête la première. Il seretrouve seule, avec sa mère mourrante, à lutter à contre-courant dans une ère de la désintégration qui ne prend plus le temps ni de se cultiver ni de rêver. Alors lui le fait pour tout le monde. Il s'invente les vies qu'il aurait pu avoir: comédien, Jules César, chavalier, casanova des temps modernes, chanteur d'opéra mais toujours très séduisant. Il s'accompagne de trois superbes idylles avec qui il batifole joyeusement sans jamais les toucher.

Avis:Il y a trois ans, après un médiocrissime et très bobo Le déclin de l'empire américain, Denys Arcand nous prouvait que le cinéma québecquois était vivace et qu'il savait produire des chef d'oeuvres. On croyait Arcand comme devenu une bouée enfin mure du cinéma montréalais et il était devenu de ceux dont on attendais le prochain film avec avidité. L'âge des ténèbres sortis, il semble avoir déçu tout le monde, en tout cas toutes les critiques. "Un film qui ravira les vieux cns et les amateurs de confitures" titrait Les inrocks. En tout point de vue, l'ensemble des critiques donnent une image bien faussée du film. Car s'il n'est pas le chef d'oeuvre qui viendra se poster fièrement à côté de son prédecesseur, ce nouvel opus alarmant et social qui boucle une certaine trilogie "de la quarantaine" est un film intriguant et fantaisiste qui décline assez bien les caractéristiques de notre société. Stéréotypé? Mais tellement vrai.

La critique majeure que l'on adresse à L'âge des ténèbres est bien sûr son passéisme et sa nostalgie dites de "vieux cons". Car en effet Jean-Marc, celui par qui l'on voit toute la société quebequoise a la quarantaine bien sonnée et son monde est peuplé des crétins qu'il regarde d'un air condescendant. Lui pour qui la vie se trouverait définie par un hédonisme lubrique et par une boulimie de culture enivrante se trouve bien déçu à l'époque où tout va vite, que les Mp3 sont branchés en continue et que les téléphones se portent autour de l'oreille, là où avant les hommes pouvait venir accrocher délicatement une perle avant d'y enfourner leur langue. Cette société n'a pas non plus les idéaux de Jean-Marc. Altruiste profondément généreux, il voit défiler dans son bureau des dizaines de personnes qui crèvent, qui son déchirés, au bord du gouffre et à tous il leur répond le même "on ne peut rien faire pour vous" ou "c'est la procédure". Dans la politique, dans l'art, dans l'amour, plus rien ne colle à Jean-Marc. Ce qu'on reproche à Arcand, et ce qui transparait dès qu'on parle du film, c'est que le scénario non-content de dénoncer, joue dans la surenchère. Arcand se dresse contre tout, il met dans L'âge des ténèbres tout ce qui l'emmerde, le révolte, le désarçonne, le frustre ou le rend profondément mélancolique. Il a sans doute regardé longtemps autour de lui avant d'écrire les situations les plus quotidiennes pour les rendre plus féroces encore. Alors bien sûr, il tombe dans la surenchère. Mais au delà de cet aspect too much, il y a en fait des choses très vraies, qui touchent en plein coeur ou en pleine tripe. Férocement, Arcand dépeint une vie merdique, une tranche de vie périmée au goût amère de renfermé qui se renforce par le fatalisme de la situation. Que des pauvres crèvent de fin et qu'il ne baise plus, il ne pourra rien y faire. L'âge des ténèbres montre une société en voix de "désintégration", qui va mal et oublie les vraies valeurs. Vieux cons? Peut-être mais pas seulement. En plus, si Arcand souligne encore et encore au gros feutre son propos, c'est en fait autant pour montrer l'absurdité de la vision de Jean-Marc que l'absurdité de ce qu'il voit. Derrière ce personnage profondément antypathique car grincheux et pourtant pas mal loti, Arcand crache autant sur les vieux cons que sur les jeunes idiots. Il ne se range pas vraiment dans la bataille et a su prendre du recul là où Le déclin de l'empire américain approuvait en tout point de vue cette bande d'élitiste libidineux et intransigeants.

La remise en question de soi est donc absent. Tout ce que montre Arcand, il le critique. De Jean-Marc ou de sa femme, il serait bien difficile de trouver la préférence du réalisateur. Quand elle lui fait des tas de reproches et lui demande "ce qu'il a réussit dans sa vie", il ne trouve rien d'autre à répondre que d'exprime sa profonde envie de la tuer. Il n'a pas d'arguement parce qu'en tout point de vue, il n'a rien fait. Rien fait pour que sa vie aille mieux et rien fait pour s'en accomoder. Il a préféré s'évader idiotement dans un lieu rêvé avec une famille polygem où le fantasme a trois tête. Celui d'une star (formidable Diane Kruger), une journaliste perversement sodomite (Emma De Caunes) et une lesbienne mal-baisée auquel s'ajoute une esclave soumise qui est en fait sa supèrieure hiérarchique. C'est dans ce monde des rêves que L'âge des ténèbres trouve une deuxième vitalité: la fantaisie. Toute les vies que s'invente Jean-Marc sont bourré d'un humour québecquois décalé, plutôt fin et souvent réussit, même si quelques scène sont des plus banales (la première scène avec Rufus Wrainwright entre autre). Mais l'onirisme ne dure pas éternellement non plus et c'est par là que Arcand prouve que Jean-Marc n'a pas toute son approbation. Quand il rencontre une femme qui ressemble fortement à celle de ses rêves qui s'invente princesse moyen-âgeuse avec une communauuté de gens banals qui s'évade dans un château, il est incapable de la suivre. Parce qu'il veut tout et son contraire. Il rêve d'aventures désuètes et passées mais les voudrait teinté d'une perversité moderne. Il est la contradiction à l'état pur, l'indécis du XIXème siècle. Au delà d'une critique de la société, c'est ça qu'Arcand entend montrer. Le grand fléau du XIXème est l'inactivité (Nietzsche mon ami que tu serais triste) et Jean-Marc en est l'exact illustration. D'ailleurs, il trouve le bonheur à la fin dans une société qui lui convient (petite communauté) mais aussi dans l'activité. Le dernier plan le montre en train d'éplucher des pommes, après avoir fait le jardin pendant toute la journée. Qu'il fasse des choses banales importe peu, et d'ailleurs qui sommes nous pour juger, mais il vit et il réalise ses rêves, il ne végète pas dans une vie misérable en s'évadant dans une utopie idiote.

Alors bien sûr le film est un peu maladroit. La première partie est longue et malgré l'onirisme des rêves, la critique énormisée passe très très mal. Mais derrière se cache une vraie profondeur dont beaucoup de critiques sont passés à côté et qu'il est dommage de ne pas s'y attarder. Car Arcand pose un regard alarmé mais pas si pessimiste que ça. Et ce qu'il critique en premier lieu c'est la conndescendance des inactifs par rapport à ceux qui agissent à 100 à l'heure. Relation entre deux personnes, ici mari et femme, que l'on retrouvait déjà dans Les invasions barbares, avec plus de tact sur un père et son fils.

# Posté le dimanche 30 septembre 2007 10:36

Modifié le dimanche 30 septembre 2007 16:03