Les parrains

Les parrains
Titre:Les parrains
Réalisateur:Fréderic Forestier
Acteurs:Gérard Darmon, Jacques Villeret, Gérard Lanvin...
Sortie:2005
Durée:1h39
Genre:Magouille et dernier film (regretté Jacques Villeret)
Note:12/20

Histoire:Lucien, Henry et Gérard sont trois petites frappes en cavales depuis vingt ans depuis leur casse raté d'une grande bijouterie de la Place Vendôme. Pendant ce vol, Max, leur coéquipier s'est fait prendre pendant la police. Partis tous les trois très loin de la Françe, leur cavale s'arrête le jour où Max décède. Ils se retrouvent alors tous les trois à Paris pour aller voir le notaire. Ce dernier leur apprend que Max a gardé pendant toute sa détention le magot de leur casse et qu'il projette de le partager entre eux trois, et son fils. A condition que ce dernier soit une personne bien et pas un petit voyou. Pour cela, les trois compères vont partir à la rencontre du fils et vont se retrouver malgré eux plongé dans une nouvelle magouille.

Avis:Qui a la nostalgie des Ventura ou des Gabin? Qui regrette l'emmerdeur? Les parrains sont là pour vous. Après un "Boulet" très râté, Fréderic forestier opère un virage radical et se lance dans un polar plus intimiste et plus hilarant.

La force principale du film réside en ses dialogues exquis. On a jamais été plus proche de Audiard depuis de nombreuses années. Le scénario déjà bourrés de quiproquos et de situations renversantes, mais les dialogues (d'Olivier Dazat et d'Alexandre de la Pattelière) couronne le tout avec une fraîcheur exquise et parfois un cynisme très réussi. Parmis tant d'autre, on peut déjà citer la scène où les trois parrains donnent la valise au fils ("c'est le top du sèche cheveux") ou encore la fausse engueulade entre Lulu et le fils ou pour finir l'apprentissage de la baffe qui reste un scène d'anthologie. Une dernière? Le dialogue sur la femme de Villeret dans la chambre d'hôtel; femme qui n'est autre que Firmine Richard, quand même.

Mais rien ne sert un bon scénario sans les acteurs pour sortir les répliques choc. Et de ce point de vue, Forestier a très bien su s'entourer. Je passerais rapidement sur Gérard Lanvin qui m'exaspère toujours autant, même très bien dirigé. Avec ses fausses allures de beau-gosse et sa prétentiosité excessive, non merçi. En revanche, on s'atardera beaucoup plus sur l'bjet de tous mes désir: le grand seigneur Darmon. En parrain un peu folle sur les bords (le filet à cheveux lui va si bien), son punch et sa niak rafraichissante est toujours aussi vivace même après tant d'années (on a vraiment l'impression qu'il n'a pas changé depuis "La cité de la peur"). Il est d'ailleurs le protagoniste de la scène catastrophe de la vente de voiture...bravo. Pour finir le trio, vous l'aurez deviné, c'est Jacques Villeret. Cette fois-ci c'est belle et bien sa dernière prestation qui nous réconcilie un peu avec lui après un Antidote plutôt raté. Il peut partir tranquille après avoir signé la scène de l'agent immobilier ("des blattes, très bon signe"). Pour les second rôle, deux jeunes plutôt prometteur dans le rôle du fils et de sa copine à savoir Pascal Reneric et Hélène Seuzaret. Et dans la voix de Max, le mythique Claude Brasseur, que demander de plus.

Qulques points faibles? Certes. Une mise en scène plutôt absente qui a sans doute permis à Forestier de se concentrer sur la direction d'acteur et une teinte d'image un peu trop populaire. Bref, un travail de mise en scène plutôt inconsistant qui gâche un peu la qualité globale sans alterer notre plaisir de voir ces acteurs dans une comédie policière plutôt 70's à bloc.

# Posté le samedi 04 novembre 2006 04:23

Modifié le samedi 04 novembre 2006 05:03

La boite noire

La boite noire
Titre:La boite noire
Réalisateur:Richard Berry
Acteurs:José Garcia, Marion Cotillard, Michel Duchaussoy...
Sortie:2005
Durée:1h30
Genre:Schyzophrénie et inconscient
Note:14/20

Histoire:Après un grave accident de voiture, Arthur passe plusieurs heures dans un coma agité. Il parle sans cesse dans des délirs psychotiques incompréhensibles. A son réveil, il rencontre Alice son infirmière. Il commence alors à se rednre compte que tout ne tourne pas rond et qu'il lui manque quelques élèments dans son passé. Quand Alice lui donne un petit carnet où elle a noté toutes les paroles de Arthus pendant sa phase d'éveil, ce dernier se lance dans une enquête complexe où il va devenir l'enquêteur et la victime de son passé. Il va découvrir les secrets de sa vie, et de son inconscience.

Avis:Quelques années après le succès relativement incontestable de "Moi, César...", Richard Berry repasse derrière la caméra et adapte une nouvelle de Tonino Benaquista pour en faire La boîte noir. Il prend le risque d'emmener avec lui José garcia qui n'est pourtant pas habitué aux rôles psychologiques et sombres.

Le film commence très bien. Un petit carré grossit jusqu'à prendre la taille de l'écran. Dedans, de images d'une route sinueuses qui avace très vite. La voiture progresse rapidement jusqu'au virage fatidique où...la voiture ne fait pas que louper son virage. Berry ne s'arrête pas là et enchaine immédiatement sur un réveil perturbé avec un jeu sur les images sublime et sur la prise de son aussi. A partir de là, rien ne semble pouvoir arrêter cette mise en scène si particulière et si belle. Pendant toute la première partie du film (Spoiler: jusqu'au deuxième accident de voiture), l'ambiguité domine. La mise en scène suit formidablement et Richard Berry ne pose jamais sa caméra où les classiques le voudraient. Les décors chiadés d'un Paris vide, d'une maison de retraite plus que troublante sont sublimes. Seul la photographie magnifique mais un peu trop conventionnelle dans ce genre de film vient altérer le plaisir...si peu. Puis dans une deuxième partie, la réalisation devient plus sobre, plus réaliste (ce qui finalement colle plutôt bien avec le scénario) et moins originale. Si Berry a bien fait de laisser la place à l'histoire, le changement est un peu trop brutal et maladroit. C'est en fait peut être le défaut du film: la brutalité.

Car dans le scénario aussi, on sent des ruptures marquantes un peu maladroites. Si on est tenu en haleine pendant une heure et demi, la fin parait un cheveux sur la soupe. N'ayant pas lu la nouvelle, je ne sais pas si l'erreur vient du roman ou de son adaptation, mais toujours est-il qu'il y a un moment où on s'aperçoit de la chute et que le suspens est coupé net. A partir de là, le film n'a plus raison d'être et les dix dernières minutes sont peut être en trop. Berry prend une heure pour installer une ambiance schyzo exquise et règle l'histoire pendant la dernière demi heure qui lui est imparti. On aurait préférer un dénouement progressif.

Cloturons cette longue critique avec les acteurs. José Garcia a voulu relever le défi de briser son image de clown, le contrat n'est qu'à moitié rempli. Par moments cabotin, par moment très faux, sa folie n'est qu'à moitié crédible et le contrat est rempli sans exploit et même avec quelques entorses. Marion Cotillard elle assure ses arrières magnifiquement, avec un jeu tantôt sombre, tantôt vamp mais toujours très juste et tout à fait dans le ton. Quand aux seconds rôles, on regrettera la mauvaise prestation de la mère mais on applaudira la culpabilité du père; enfin Gérald Laroche compose enfin un homosexuel pas trop stéréotypé mais pas trop faux et Bernard Le Coq nous fait du lui-même, avec les défauts et les qualités que cela implique. Notons l'aimable participation familiale de Marylou Berry dans un rôle magnifique de secretaire d'hôpital (rire).

Un bon ensemble un peu gâché par des maladroitesses dans le casting dans le scénario et dans la mise en scène. Prenons avec plaisir notre ticket pour l'inconscient.

# Posté le samedi 04 novembre 2006 17:15

Modifié le dimanche 05 novembre 2006 04:47

Total recall

Total recall
Titre:Total recall
Réalisateur:Paul Verhoven
Acteurs:Arnold Schwarzenegger, Michael Ironside, Sharon Stone
Sortie:1990
Durée:1h53
Genre:K Dick entre Terre et Mars
Note:10/20

Histoire:Quand Doug Quaid, piocheur sur la Terre va voir Rekal pour un voyage artificiel, l'opération ne se déroule pas très bien. Il va alors se rendre compte qu'on lui a déjà fait oublier la mémoire avant et qu'il n'est pas le petit travailleur marié à une sublime jeune femme. D'ailleurs il va aussi s'apercevoir que Lori (sa femme donc) est en fait une espionne. Quand il part à la recherche de la vérité, il se retrouve poursuivit par des hommes plutôt tenace et sanguinaire. Sa fugue va l'ammener à partir pour Mars où la société est dirigé par un maniaque responsable des circuits d'aération de la planète et donc, de la vie des habitants.

Avis:Sur une idée de K. Dick, Verhoven partait déjà avec un bon point. Malheureusement, comme on a pu l'observer avec le très mauvais Paycheck, une bonne nouvelle du maitre de la Science-fiction ne suffit pas à faire un bon film. Et comme Verhoven n'est pas une légende de la réalisation, le chemin s'annoçait long. Au final...

Au final difficile de suaver quelquechose qui n'ait pas été écrit dans la nouvelle. Un homme part sur Mars, est pris dans une spirale difficile à comprendre et passionante et haletante. Soit. Tout, ça, suffisait d'ouvrir un bouquin pour le savoir. Total Recall nous rappelle donc que Philippe K Dick était un génie de la SF et écrivait des nouvelles toutes plus passionantes les unes que les autres, pour un peu qu'on aima le genre. C'est déjà pas mal.

Mais, ça Minority Report de Spielberg nous le disait déjà; et c'était pourtant un film largement meilleur que celui ci. Alors où est le défaut? Peut être et même surement dans ce qui reste: la mise en scène et les acteurs. Honneur aux premier: Verhoven. Aux vus du peu de description que contient le bouquin, on se dit que d'un point de vue mise en scène, Verhoven a du faire un gros travail. Et bien que neni. Pour la vision de la Terre futuriste, rien ne change de maintenant si ce n'est les immondes voitures en carton et les taxis (qui apportent tout de même une des meilleure scène bien que très classique). Ah oui et il a aussi mit les voitures au beau milieu de la foule, hyper stressant. Quand à Mars, des images des sondes ont suffit. De là, copier coller et hop: des montagnes rouges et puis pour la civilisation, des tunnels et des quartiers délabré qui ressemble étrangement à des ghettos caricaturés. Voilà pour les décors. Après ça, le réalisateur pose sa caméra à des endroits conventionnels et très plan-plans (c'est le cas de le dire). Non vraiment, Verhoven est très loin de Spielberg (quel scoop!).

Finissons en beauté par le casting ahurissant. Shwarzy notre grand ami sort ses petites répliques à la terminator en beaucoup moins drôle et montre ses muscles body buildé à tout bout de champ. D'accord pour cinq minutes et pour les scènes d'actions mais quand il y a autant d'émotion sur sa figure que sur celle d'une vache qui broute, on en a très vite raz le bol. Quand a Sharon Stone pré Basic Instinct: ben c'est comme après. Elle ne perd jamais une occasion d'écarter les cuisses et joue les séductrice comme une actrice de X, pas comme une actrice. Elle a juste la qualité d'avoir un rôle novateur pour l'époque qui montre que les femmes dans les films d'actions ne sont pas que un bout de chair sans vie. Comme quoi Halle Berry dans le dernier James Bond n'était pas la première. Génial.

Pas grand chose à tirer donc de cette adaptation sinon la très bonne histoire de K. Dick. Préférons Minority report ou d'autres (même Paycheck pourtant affublé d'un Ben Affleck affligeant était meilleur). Rideau

# Posté le dimanche 05 novembre 2006 15:10

Modifié le mardi 07 novembre 2006 11:59

Le 8ème jour

Le 8ème jour
Titre:Le huitième jour
Réalisateur:Jaco Van Dormael
Acteurs:Daniel Auteuil, Pascal Duquenne, Miou-Miou...
Sortie:1996
Durée:1h58
Genre:Fable humaniste et ode à la tolérance
Note:16/20

Histoire:Harry est un business-man divorcé et dévoué sept jours sur sept et 24 heures sur 24 à son boulot; au point d'en oublier ses enfants à la gare. Tout se bouscule dans sa vie quand il ramasse Georges sur le bord de la route. Georges est diffèrent, il est mongolien et tente de retrouver sa mère décédée. Avec son amours pour la vie, il va redonner un sens à la vie mécanique d'Harry et ensemble, il vont faire un point sur leur vies.

Avis:D'où vient cet homme Jaco Van Dormael qui nous livre en 1996 l'un des plus beau film français de la fin du XXème siècle? De la Belgique. Il arrive presque sans filmographie. Comme quoi l'expèrience ne fait pas tout.

Car le huitième jour est bel et bien un film remarquable en tout point. Historiquement, c'est le symbole d'un grand tournant dans l'histoire de la tolérance: ce film mettant en scène essentiellement des trisomiques est pourtant un film qui a eu un petit succès dans les salles obscures et surtout qui depuis, passe rituellement tous les ans sur une chaine de grande distribution. Quoi de plus beau que de voir ces gens pas du tout comme les autres propulsé en véritable star. Porteur d'un message frot, on ne sortira pas indemne de ce film bouleversant sur une grande histoire d'amitié entre deux personnes pas du tout semblables. Le principe a déjà été usé? Pas tout à fait. Harry a beau être un peu stéréotypée, on y croit ur comme fer à cette transformation radicale. Ces regards complices, ces échanges tendres et émouvants sont dit avec tant de générosité (par un Daniel Auteuil sublimissime et un Pascal Duquenne étonnant de sincérité) que le road movie se transforme en un véritable enchantement. Voir Georges chanter du Luis Mariano ou jouer avec les filles d'Harry est prenant (surtout pour quelqu'un connaissant la situation mais pas que). Pour ça, notre homme inconnu a juste eu à poser sa caméra dans les jeux intimes de cet acteur trisomique qui joue avec tout ce qu'il a de plus cher et de lui écrire un scénario sur mesure.

Un message fort et des sentiments magnifiques portés par des acteurs sublimes (Miou-Miou que j'ai oublié clot le trio avec une composition digne de la grande actrice qu'elle est) et une invitation au voyage et surtout à la découverte de ces gens pleins de générosité et de joie de vivre qui ont beaucoup à nous apprendre. Et le huitième jour, Van Dormael signa un film extraordinaire destiné à de grandes choses.

# Posté le mercredi 08 novembre 2006 12:53

Modifié le mercredi 08 novembre 2006 13:12

L'étrange nöel de Mr Jack

L'étrange nöel de Mr Jack
Titre:L'étrange nöel de Mr Jack
Réalisateur:Henry Selick (Tim Burton)
Acteurs:Chris Sarandon, Danny Elfman, Catherine O'Hara...
Sortie:1994
Durée:1h13
Genre:Ou comment faire un chef d'oeuvre avec des poupées
Note:19/20

Histoire:Après nous avoir conté l'apparition de la neige chez les hommes, Tim Burton nous raconte depuis quand neige-t-il au petit village d'Halloween. Jack Sellington est vénéré à Halloween. Avec un maire incapable, c'est lui qui se charge de la préparation de la fête tous les ans et à chaque fois, le succès est de plus en plus réjouissant. Mais Jack n'est pas heureux. Sa vie est trop répétitive et il se lasse d'être une star. Jusqu'au jour où il découvre une porte pour aller à Christmas town où il découvre les coutumes des elfes et du "perce-oreilles" et apprend l'existence de nöel. Il prend alors la décision d'être lui-même le père nöel et de préparer avec ses collègues le nöel le plus horrifique de tous les temps.

Avis:Burton est obsédé par la neige. Dans Edward aux mains d'argent, il nous disait que Ed faisait de la neige en taillant des blocs de glace. Ici, il neige à Halloween depuis que l'horrible épouvantail Jack (référence à Jack l'éventreur, of course) a piqué son rôle au perce-oreille. Un point commun entre les deux films? Ce sont deux chef d'oeuvres. Une diffèrence? Jack n'est pas un film de Burton.

Etrangement, le génie gothique n'a pas réalisé lui-même ce chef d'oeuvre. Il a refilé son idée et son scénario sublime au très inconnu Henry Selick (qui depuis à réalisé James et le pêche géante qui est un sacré succès). Il n'empêche que dans tout le processus de réalisation, on sent le Burton à plein nez. Les décors plus gothiques que jamais (les maisons biscornus, le cimetière sublimissime ou encore la fameuse colline pliante de l'affiche) sont tout à fait burtonien et les idées qu'il y a derrière aussi. C'est à dire cette approche de la diffèrence qui se marie avec l'amour, la relation avec le père ou le créateur (ici le créateur de Sally). Et aussi beaucoup dans la musicale. Car si c'est une production Burton où on ne trouve pas Johnny Depp, Danny Elfman est lui, toujours au rendez-vous. La musique presque omniprésente est des plus sublime (moins que Edward peut être mais plus que tout autre film de Burton). Il y a dans ce film un côté comédie musicale qui est des plus enchanteurs avec des morceaux maintenant mondialement connus. Entre autre "Que vois-je" qui est la plus appréciée et la plus citée. Ma préféré est la chanson des trois gamins ("Kidnappez le perce-oreilles"!!) et surtout "Mais que devient Jack?". Ca ne s'arrête quasiment jamais et on retrouve toujours ce groupe de jazz de rue drolissime. Alors oui, les anti-comédie musicale trouveront difficilement leur compte là dedans, mais pour quiconque se laissera prendre par la main, le film deviendra un véritable enchantement.

Une autre petite condition pour apprécier le film à part aimer la bonne musique et avoir une âme d'enfant (ou en être un pourquoi pas): aimer les dessins animés. Car si le style est très burtonien, il reste que Jack est une animation sublime, mais une animation quand même. Et que les démarches des personnages sont parfois maladroites et hésitante (on est en 1994 quand même!). Mais si vous passez au dessus, je le jure, l'enchantement est sublime et le dépaysement garanti. Le rire est très présent et l'émotion enfantine est décidement l'une des plus juste qu'il puisse exister. Plongeons ou replongeons dans le miracle de nöel.

# Posté le samedi 11 novembre 2006 06:56

Modifié le samedi 11 novembre 2006 07:26