Réalisateur:Yves Angelo
Acteurs:Jacques Villeret, Jean-Pierre Marielle, Denys Podalydès...
Sortie:2005
Durée:1h46
Genre:Drame de guerre
Note:13/20
Histoire:La guerre est proche en 1917 d'un petit village de campagne. Le massacre touche tout le monde même à l'arrière du front. Alors que l'une attend des nouvelles de son mari, l'autre regrette de ne pas pouvoir se battre. Le meurtre d'une petite ville, Belle, va bouleverser la vie de ce village et des âmes qui y vivent et de mauvais souvenirs vont être rappelés.
Avis:Il est difficile de résumer Les âmes grises. Parce que ce n'est pas un film de guerre, encore moins un film policier. C'est tout simplement la vie des gens qui voient partir de soldats sans cesse et ne jamais en revenir. Alors bien sûr, il y a un voire plusieurs meurtres. Mais qu'importe quand tant d'autres se déroulent à quelques kilomètres. Yves Angelo adapte un roman de Philippe Claudel avec une noirceur étrange. Le film se résume à une tranche de vie. Bouleversante car étrangement réaliste et irréel en même temps car inavouée. L'horreur et la peur sont partout, dans tous les personnages. Elles enveloppent les âmes d'une noirceur (la grisaille du titre est faible) à la limite du soutenable. Et par une mise en scène sobre qui se repose surtout sur la teinte des images (à la limite du noir et blanc). Il n'y a pas de place pour l'espoir. C'est peut être aussi le défaut du film qui se laisse peu à peu envahir par le personnage du juge (étonnant Jacques Villeret qui aura attendu des années avant d'avoir un rôle sombre et profondement méchant), cruel jusqu'à la moelle (un peu trop manichéen peut être) qui pose son empreinte sur tous les habitants. Alors qu'on avait commencé dans une romance déjà dure mais avec une lueur au fond des coeurs. Après 45 minutes de film, la lueur s'éteint et le film prend un tournant radical. On ne retrouvera cette confiance en l'avenir qu'à la toute fin (avec une scène de cloture extraordinaire et vraiment poignant).
Je préfère de loin la première partie même si les deux sont complémentaires. Surtout que portée par deux acteurs fabuleux. Jean-Pierre Marielle en vieillard désenchanté et Marina Hands portée par un fil ténu qui fait étrangement penser à Mathilde dans Un long Dimanche de fiancaille. Les scènes avec les combattants sont de loin les meilleures, avec un réalisme historique et une réelle émotion.
Difficile de parler des âmes grises (d'ailleur ma critique est un peu confuse excusez moi) car c'est un film irrégulier et surprenant. Une experience interessante avec un casting de luxe.




