Les médias parlent de ciné

La passion du cinéma passe aussi par la télévision et les journaux. Un petit listing d'émission et de journaux plus ou moins réussi que je suis souvent. Certains sont sur canal +, désolé pour les non connecté.

-Le cercle: Après un an avec Daphné Roulier aux commandes, Frédéric Beigbeder reprend la présentation de cette émission si particulière. Ici pas de stars en paillette et strass, l'univers intimiste d'un plateau encadré par le public (à la Taratata) accueille une équipe de critiques compétents, qui se réunissent autour d'une tale de jeu. Dans la lumière tamisée, le but de cette équipe n'est pas de couvir l'ensemble des sorties de la semaine, mais de faire une étude précise de quelques films, tantôt grand public, tantôt intimiste. Tous les critiques viennent de magaines papier de cinéma ou autre. Ils sont six à chaque fois et tournent toutes les semaines. Parmis les grands habitués, on compte Xavier Leherpeur de Ciné live, Michel Sadler professeur de cinéma à Londres ou encore Jean-Marc Lalanne des Inrokuptibles. Si l'on passe outre les pitreries de Beigbeder (des fois drôles quand même), Le cercle propose une des analyse des images les plus pointus disponible sur nos programmes actuels. Tous sont des spécialistes des méthodes de réalisation et en plus, l'émission ouvre le débat avec un public composé en grande majorité d'étudiants en cinéma et audiovisuel. Un régal pour tous les cinéphiles à suivre toute les semaines.

-L'hebdo du cinéma:Après avoir quitté le cercle, Daphné Roulier, toujours dans le cinéma, est partie conquérir d'autres horizons. Toujours sur Canal+, elle tente de lancer une deuxième émission de télévision sur le cinéma qui ne fasse pas concurrence avec le Cercle. L'hebdo du cinéma s'interesse plus aux coulisses d'un film et aux réactions des acteurs. Pas de critiques virulents, juste une excellente journaliste qui reçoit en toute simplicité une ou des vedettes pour une promo pas si conventionnelle que ça. Sans déplacer des montagnes, l'hebdo ouvre une autre horizons sur ce qu'on ne voit pas dans le 7ème art; s'interessant tantôt aux difficultés pour faire tourner des mineurs, tantôt à l'affaire Brisseau... L'occasion pour Daphné de dire "oui, je suis la reine de l'émission de cinéma sur le petit écran"; chapeau.

-Cine live:LA référence en terme de presse écrite pour moi. Complet, classique et efficace, Cine live admet et présente des opinions partagés; chose rare dans la presse. Leurs interviews sont d'une excellente qualité et bien retranscrites. Bref, une petite bible pour tous les fans de cinéma avc des bandes annonces sur un CD et des affiches en plus. Que demande le peuple.

-Télérama:J'y peut rien, c'est mon côté bobo. Télérama, OVNI culturel souvent dénigré pour cause d'intellectualisme ellitiste, est pourtant une perle pour le 7ème art. Si ce n'est pas un magazine entièrment consacré au cinéma, tous les films y sont critiqués plus ou moins longuement chaque semaine avec une plume aiguisé et magnifique en même temps. La critique n'est pas forcement des plus accessible mais a son interêt tout de même. Ouvert aux avis partagés, Télérama n'hésite pas a présenter des divergences sur certains films et laisse également la parole aux deux camps. Un dossier sur un sujet, un réalisateur, un acteur est aussi publiés chaque semaine avec des interviews moins conviviaux mais passionant. Mon livre de chevet.

# Posté le samedi 30 septembre 2006 06:21

Modifié le mardi 03 octobre 2006 11:36

Les amitiés maléfiques

Les amitiés maléfiques
Titre:Les amitiés maléfiques
Réalisateur:Emmanuel Bourdieu
Acteurs:Malik Zidi, Dominique Blanc, Thibault Vinçon...
Sortie:2006
Durée:1h40
Genre:Sado et maso sont dans un amphi de la Sorbonne
Note:15/20

Histoire:Eloi et Alexandre sont un peu paumé. Un peu rêveur, très artiste incompri, les deux jeunes vont se retrouver sur les bancs de la Sorbonne, dans le même amphi qu'André. André est le modèle. Brillant, intelligent et cool, l'élève modèle va vite devenir un demi dieu, qui va trouver sa place dans le coeur d'Eloi et Alexandre. Pendant un an, ils vont se laisse manipulé jusqu'au moment où ills s'apercevront qu'André n'est qu'un minable un peu prétentieu et très narcissique. Alors que l'un va s'accrocher à son idole, l'autre va vite prendre les voiles.

Avis:Emmanuel Bourdieu étant le fils du très célèbre Pierre Bourdieu (sociologue et cauchemar de tous élève en socio qui se respecte), on ne s'attendait pas à un film de tout repos pour notre cerveau. Le fils se tourne cependant plus vers la littérature et la philosophie que vers l'étude de société. Ici, il est question d'amitiés mais pas seulement. Très vite, les amitiés se transforment en admiration et les paroles en prières. L'écran est rempli pendant la première partie du film et la grosse majorité d'une illumination divine et très babacool interprété par un Thibault Vinçon extraordinaire, un acteur à suivre. Une relation ambigue se crée au sein de ces trois étudiants et le piège se referme sur deux autres acteurs aussi géniaux qu'inconnus (Malik Zidi avait été vu dans Les temps qui changent de Téchiné quand même et d'autre films). En arrière plan, on trouve entre autre une Dominique Blanc parfaite en écrivaine harcelée et une Natacha Renier éblouissante, comme d'habitude.
Bourdieu a réussi un coup de maitre en ne se prenant pas trop le chou dans l'intellectualisme débile et innaccessible, mais rend un sujet casse gueule "populaire"; au bon sens du terme. Il n'y a pas de radicalisme mais des facettes qui s'abattent comme des cartes et relance l'intrigue bien des fois où l'on commençait à perdre l'élan. Bourdieu entretient sa machine en permanence pour que le sujet jamais ne s'éteigne. Il compose son image comme une nature morte, inactive et pourtant tellement bouillonante. On attend le moment où l'admiration aveugle va tomber pour révèler le côté humain d'André. Le réalisateur y arrive et va même plus loin, observant ses personnages après leur séparation. La tendance ne s'inverse pas et même quand Eloi et Alexandre sont devenus célèbres et André minable, l'ancien maitre continu à émettre une terrible attirance qui fait finir le film en u point d'interrogation magnifique.
Des comédiens extraordinaires pour un drame des plus littéraire et intimiste.

# Posté le samedi 30 septembre 2006 13:08

Modifié le samedi 30 septembre 2006 14:08

Le parfum de la dame en noir

Le parfum de la dame en noir
Titre:Le parfum de la dame en noir
Réalisateur:Bruno Podalydes
Acteurs:Denis Podalydès, Olivier Gourmet, Zabou Breitman...
Sortie:2005
Durée:1h55
Genre:Cluedo burlesque
Note:13/20

Histoire:Mathilde et Robert Darzac sont désormais mariés. Ne se sentant pas en sécurité, ils se rendent chez leurs amis Edith et Arthur Rance qui habitent au fort Hercule sur une île. Là-bas, ils espèrent echapper à Larsan, le magicien amoureux de Mathilde. Mais Rouletabille et Sainclair ne sont pas aussi sur que Larsan ne se soit pas déjà introduit dans ce séjour au soleil.

Avis:Après Le mystère de la chambre jaune, Rouletabille réinvestit un huit-clos plus épais encore pour mener une enquête des plus palpitante. Plus de personnage, plus de confusion aussi. Car si se perdre dans les mystères peut être appréciable, Bruno Podalydès (et le défaut vient du livre) se prend les pieds dans trop de points d'interrogation en chemin qui font bien souvent perdre le fil. Il faut alors accepter les zones d'ombres pour mieux les éclairer ensuite dans un épilogue un peu infantilisant. Là, le mystère vous sera prémaché et joliement resservi avec beaucoup de détails et des flash-backs innutiles. En ce point, le scénario ressemble au 1er opus. Mais dans la première enquête, on appréciait d'avoir les clés parce qu'on avait suivi le déroulement. Ici, rien n'est devinable avant cette conclusion et le détachement et trop grand pour être comblé. Certains s'endormiront, certains tiendront bon; première sélection.
Mais ceux qui décideront de rester, auront l'agréable surprise de se divertir, à défaut de reflèchir, avec les facéties burlesque qui peuplent ce fort qui sent bon le midi. Des petit détails aux grosses ficelles, la comédie investit l'enquête et réserve des surprises délicieuses. Ainsi, on rira aux éclats de ces hommes qui tentent de défoncer une porte à coup de canon ou d'un habile portrait de Bruno Podalydès en Rackam le rouge en décor. On s'amusera aussi du jeu de séduction malin de Sainclair et d'Edith Rance, qui elle réserve un lot de répliques savoureuses (deux heures remplies de "A table" et de crêpes). Cet agrément ajouté à une mise en scène et un jeu des couleur sublimes, porteront les plus tenaces jusqu'au génèrique sans difficultés.
Pour les plus dissipés, le casting impressionant vous tendra la main. Outre Denis Podalydès qui rejoue Rouletabille comme dans Le mystère... , Michael Lonsdale et son tableau abstrait est une perle. sabine Azéma, mystèrieuse et ravissante oublie son hystèrie habituelle pour un rôle presque muet et profondement désespéré. Olivier Gourmet en schizophrène effrayant est parfait, comme toujours et Bruno Podalydès en docteur à l'humour débile surprend pour sa deuxième apparition devant la caméra. Mais c'est Zabou Breitman et Jean-Noël Brouté qui forment le duo de charme le plus burlesque et envahissant qui séduisent le plus. Vincent Elbaz pimente le tout en illusioniste russe (et on arrive à y croire, si si) en disciple d'un Pierre Arditi qui marque par son absence.
Un bilan contrasté por un film globalement plaisant.

# Posté le samedi 30 septembre 2006 17:11

Modifié le samedi 30 septembre 2006 17:28

Hard Candy

Hard Candy
Titre:Hard Candy
Réalisateur:David Slade
Acteurs:Ellen Page, Patrick Wilson, Sandra Oh...
Sortie:2006
Durée:1h45
Genre:Film choc sur le papier
Note:12/20

NE LISEZ RIEN SI VOUS COMPTEZ ALLER LE VOIR; NE PENSEZ MEME PAS REGARDER LA BANDE ANNONCE ET FONCEZ AU CINEMA!

Histoire:Hayley et Jeff sont des internautes adeptes des petites rencontres. Quand ils commencent à discuter sur un chat, c'est une petite passion qui nait. Le soucis, c'est que lui a 34 ans et elle 14. Si Jeff hésite, Hayley réussit à le convaincre d'aller boire un coup un jour. Là, elle le convaint qu'il l'ammène chez lui. Là, commence un jeu de séduction pervers où la pédophilie commence à pointer le bout de son nez. Mais le pouvoir change de camp quand Hayley réussit à droguer Jeff et l'attache fermement pour le punir de ses erreurs passées.

Avis:Nouvelle petite déception de la rentrée 2006. Hard Candy est un film que j'aurai adoré vénérer. Avec les news de Deauville, je me suis pris de passion pour cette actrice formidable et cett affiche hypnotisante. Mais après une heure quarante trois de film, forcé de constater que l'on a eu du mal à rentrer dans l'intrigue réel. Reste un état de choc incroyable et étouffant. La torture est psychologique, suggéré au plus profond des personnages et même a un tel point que l'on ne ressent plus grand chose. Pas de violence extrême (la fameuse scène de castration n'est pas si insupportable que toutes les critiques se sont évertuées à le dire), juste un étouffage au célophane asphyxiant. La violence est bien plus dure par les mots: à l'image de cette dernière scène où Hayley tente de convaincre perfidement Jeff de se passer la corde au cou, il y a sans arrêt un sadisme malsain mais jouissif (mot prononcé dans le film et très juste pour en parler). La cruauté n'avait jamais été aussi bien incarnée que par Ellen Page, jeune adolescente perverse et nevrosé qui fait trembler les murs du cinéma au moindre son de sa voix. Et la victime se défend avec des honneurs non négligeable en la personne de Patrick Wilson. Mais il serai réducteur de parler de victime et de bourreau dans Hard Candy. L'innocence de la fillette provoque instantanément de l'empathie et le passé du gars fait douter de son statut de victime. Le scénario a la force d'être au dessus de ça.
David Slade (dont c'est le premier film tout de même) embellit ce projet d'une mise en scène au plus proche de ses acteurs, en passe de devenir maître de la sueur. La lumière froide et balfarde est chiadé à mort et provoque de jolis coups de stresse à elle toute seule.
Alors où est le problème? La faille vient de l'enchainement des scènes. De souffrance en souffrance, le scénario coupe tout lien temporel faisant des ellipses indéfinie et très peu crédible. Pendant ce temps, Hayley trimballe Jeff à gauche et à droite. Elle transporte, elle, une gamine de 14 ans un corps inanimé de 34 ballets et le soulève pour le mettre tantôt sur une table, tantôt debout sur une chaise et la corde au cou. Ces grosses imprécisions nous font sortir instantanément de l'histoire et coupe toute émotion forte instaurée pendant les scènes. Autre exemple incongru: la castration qui s'effectue dans la plus grande sérénité pour elle (ça c'est normal) et pour lui aussi. Même si les apparences sont trompeuses, on attendrai tout de même à une souffrance psychologique de Jeff et ici, quelques goutes de sueurs ne comble pas la non-crédibilité.
Hard Candy reste un très bon polar qui mériterai d'être refait par un autre réalisateur qui oserai changer ces quelques cafouillages.

# Posté le dimanche 01 octobre 2006 14:28

Modifié le dimanche 01 octobre 2006 15:38

Cuisine et dépendance

Cuisine et dépendance
Titre:Cuisine et dépendance
Réalisateur:Philippe Muyl
Acteurs:Jean-Pierre Bacri, Zabou Breitman, Sam Karmann...
Sortie:1993
Durée:1h36
Genre:Sado-masochisme hilarant
Note:17/20

Histoire:Jacques et Martine sont tellement banaux que leur vie ne tient qu'à quelques idoles. Parmis eux se trouve Charlotte et son mari. Lui est devenu un mania des médias charismatique et adulé. Quand Martine le rencontre dans la rue, elle l'invite sans tarder à dîner. Pour le couple c'est vital de faire bonne impression. Ils joignent à la fête Georges, una mi de Jacques qui a investit depuis quelques semaines leur salon et Fred, le frère de Martine. Alors que Georges boude, Fred cherche de l'argent pour payer une dette qui pourrai dégénérer, le couple de star se fait languir et quand ils arrivent, la fête se transforme vite en cauchemar.

Avis:Avant Un air de famille, avant tous les autres, Jaoui et Bacri ont écrit une petite merveille du théâtre: cuisine et dépendances. Tout en gardant les grandes lignes, le tandem à l'aube de leur extraordinaire carrière adaptent pour le grand écran ce vaudeville choc. Avec un tel scénario, Philippe Muyl (sombre inconnu ou presque) n'avait plus grand chose à effectuer. Reste à poser une caméra plutôt fixe (seul défaut du film) et à laisser opérer le charme de ce quintet de prestige. Il ajoute cependant quelques petites idées habiles, entre autres celle qu'il utilise pour masquer le personnage du mari riche et drôle. La porte qui se rabat au dernier moment n'est qu'un exemple pour dissimuler l'objet d'adoration. Car avant d'être une comédie hillarante, Cuisine et dépendances est une satire sociale sur l'adoration que les gens ont pour des personnes en apparence plus doués et séduisants qu'eux. Cette relation masochiste qui est un peu dans tous est explicité avec une férocité délicieuse par les deux scénaristes. Jaoui retouchera d'ailleur à ce sujet dans Le rôle de sa vie. Tout les cinq ont un interêt d'envier ce mystèrieux personnage. Fred parce qu'il est riche, Martine parce qu'il est séduisant...
Le duo profite de ce sujet pour pondre des dialogues aux petits oignons. Les réfèrences, le cynisme est habilement dissimulé et passe parfois inaperçu faute de le revoir pour la dixième fois. Je ne ferai donc pas une liste de tous les gags sortis pendant une heure et dei par ce quintet sublimissime. Zabou Breitman en fait des caisses en hystérique gaffeuse et confuse et s'impose déjà en grande actrice en plus d'être une extraordinaire réalisatrice. Si Jean-Pierre rejout le cynique désabusé, il le fait tellement bien qu'on peut facilement ne pas s'en lasser; tout comme Jaoui qui rejoue une peu du déjà vu (au vue d'aujourd'hui) mais toujours délicieusement. Sam Karmann, acteur rare, montre qu'on aimerait bien le voir plus. Ici en mari sans personnalité et toujours dépendant des autres, il est beauf et touchant. Enfin, Jean-Pierre Darroussin, l'adoré, est encore une fois génial est assez diffèrent de ce qu'il fera par la suite.
Une gourmandise au gout de cramé à consommer très très très vite.

# Posté le mercredi 04 octobre 2006 13:52

Modifié le mercredi 04 octobre 2006 14:14