Titre:Kill Bill 2
Réalisateur:Quentin Tarantino
Acteurs:Uma Thurman, David Carradine, Michael Madsen
Sortie:2004
Durée:2h15
Genre:Walker texas vengeur
Note:18/20
Histoire:Après s'être débarassé de Oren I-Shii (voir Kill Bill 1), la mariée part pour le désert du Texas pour trouver Budd et le tuer. En route, elle croisera Elle Driver, autre membre de la section des vipères assassines. Une ellipse dans le temps nous montrera aussi l'entrainement que la Mariée a subit avec Pai Mei...
Avis:Trois ans et de bonnes critiques ont suffit à faire de Kill Bill un incontournable du cinéma, pour les fans de Tarantino en premier lieu mais aussi et surtout pour tous les cinéphiles en mal de qualité. Comme quoi le succès frappe parfois au bon endroit et ne fait pas que favoriser les bouses commerciales. Quentin Tarantino signe ici un deuxième opus non pas suite mais complément du premier. Si le dyptique est efficace, il n'y a au fond qu'un seul et unique film dans la saga Kill Bill. On voit cependant des diffèrences notables et radicales entre les deux parties. Après avoir rendu honneur aux film de sabre japonais, Tarantino revient dans son bon vieux nouveau continent et s'attaque aux western, retrouvant par là-même un univers plus sombres et mafieux de ses précédents succès. Aussi riche, aussi passionant, aussi bluffant, Kill Bill vol.2 est une superbe fresque émouvante et ultra-violente. Que demander de plus.
Nous avions donc laissé notre jeune mariée plus blonde et belle que jamais mais aussi vénéneuse et remontée contre le misérable Bill qui lui a tiré une balle dans la tête alors qu'elle était enceinte par pure jalousie, ce que Tarantino s'empresse de nous rappeler dans une séquence d'ouverture où Uma raconte son histoire dans un cabriolet flambant neuf et avec un décor de voiture dérrière. En noir et blanc, Tarantino gorge déjà ses images de références respectueuses. Les vieux films où les effets spéciaux étaient grotesque mais si beau de leur ridicule sont à l'honneur dans cette première scène. Pendant tout le reste des deux heures qui nous séparent de l'issu fatale, toutes les images seront pleines de sens, plein d'hommage. Hommage aux western qui ont bercé l'apprentissage de Tarantino, hommage encore aux films de samouraï avec le grand Paï-meï pour lequel il est allé chercher Gordon Liu star du film du genre, et hommage aux réglements mafieux à ambiance latino dans la dernière ligne droite. L'analyse de ces coups de chapeau pourrait être beaucoup plus fine mais il n'en faut pas beaucoup plus pour dire que ce mélange est des plus succulents et surtout des plus travaillé et adapté.
Car Tarantino s'inspire mais impose aussi son point de vue, son travail, ses goûts et ses plaisirs. Dans une mise en scène parfaite, tous les détails sont vus, revus et vérifiés pour que le voyage soit le plus parfait possible. Le plus évident mais aussi le plus réussi est probablement la bande-originale. Mélange de genre, musique du monde, du flamenco à la musique de western à la Ennio Moricone, Tarantino concocte un mélange habile de morceaux qu'il ajoute à une prise de son irréelle et chiadée. Chez lui, les cheveux qui bouge font un bruit monstrueux, les sabres chuintent en quittant leurs fourreaux. On peut aussi parler de cette photographie aux mélanges les plus étranges que Tarantino arrive pourtant à marier avec goût. De l'univers verdatre de chez Pai-mai au orange et jaune fluo de la dernière maison, Quentin Tarantino passe par le noir et blanc soigné et sublimé. Enfin, les mouvements de caméra sont d'une fluidité, d'une originalité sans pareil. La réalisation prend donc soin de tous nos sens de l'ouie à la vue qui en prend pour longtemps de merveille.
Et tout cela pour quoi? L'exercice de style aurait pu tourner court si le scénario à quatre mains (celles d'Uma Thurman et de Quentin Tarantino) ne véhiculait pas de message extordinairement riche et ne relevait pas d'un rythme sans faille. Il nous parle de vengeance et d'amour, chose que l'on ne voyait pas dans le premier volume. Car tout ceci ne serait pas arrivé sans sentiments. Amour de Bill pour Kiddo, de Kiddo pour Bill, de Kiddo pour son maître, des protagonistes pour le sabre. Sentiments exacerbés d'une violence sans pareil, Tarantino fait suinter son intrigue de mal de coeur dans les images et dans les textes. Car hormis les combats orchestré par des mains d'orfèvre, certains dialogues sont émouvant au larme et d'une force inestimable. La scène d'ouverture et celle de fermeture en sont surement le meilleur exemple. La longue séquence finale est l'une des plus belle du cinéma mais aussi celle de l'enterrement à la texane. Si la vengeance n'est pas nouveau pour Tarantino, les sentiments sont plutôt neufs et il semble que Uma ait une influence attendrissante sur le maître. Plus émotif que Pulp fiction et autre Reservoir dog, Kill bill ne perd rien du rythme effrené de ces longs et s'enrichit encore. Elle s'enrichit d'autant plus que Uma Thurman accède enfin au rôle principal de sa vie. En plus d'être radieuse, elle est bouleversante en tout point et son interprétation relève de la grâce divine. A chaque visionnement, on pourra trouver de nouvelles subtilités dans son jeu élégement violent.
Le film de Tarantino n'est plus un film à présenter. Il brûle sur toutes les lèvres à chaque discussion digne de ce nom. Et au moment où Boulevard de la mort enflamme la croisette, il est bon de se rappeler qu'avec son précédent long, le maître a mis la barre haute et qu'il sera bien difficile de faire mieux que ça. Parfait en tout point, rien à dire de plus.
P.S:Le plus patient pourra s'amuser à chercher dans ces images la présence de Samuel L Jackson, indécrotable de l'oeuvre de Tarantino. Ne regardez pas dans le générique, c'est tricher...